PRÉFACE. VII
à son tour, — nous entendons cette fois : de la seuk bonne manière, et non pas de l'autre, qui est toujours plus ou moins mauvaise, — en ce cas, disons-nous, le lecteur, la lectrice encore mieux , nous pardonneront ces enfantillages, ou ces enfances, comme on voudra les appeler.
Du reste , Tauteur aurait à faire , à propos de son livre, bien d'autres aveux que celui4à, et sans pouvoir y joindre d'aussi bonnes circonstances atténuantes que celles qu'il vient de plaider. Peut-être serait-il convenable en outre , nécessaire même , d'ajouter quelques mots sur la publication de ce recueil, sur cette nouvelle édition en particulier.
La première, dès longtemps épuisée, parut en 18^7: par conséquent peu après l'origine de ces mouvemens révolutionnaires qui , du dehors , semblaient n'agiter que la Suisse, et qui étaient au contraire pour l'Europe un avertissement, un signal. Si, au lieu de quitter son pays à un âge où l'on ne s'expatrie pas volontiers, l'auteur avait pu y continuer sa carrière, il n'eût probablement jamais livré l'ensemble de ces poésies à la publicité : il en aurait mûri quelques-unes en silence , il aurait abandonné les autres au courant des choses qui les lui avait inspirées; mais, à son départ, il s'était engagé envers ses amis à leur laisser -ce souvenir d'un temps désormais passé et déjà bien loin pour eux et
YIII PRÉFACE*
pour hii. Ainsi s'explique^ sans toujours se justifier, la composition du recueil, et de là vient aussi qu'on y a laissé subsister des morceaux qui, ayant dû figurer dans la première édition , manqueraient peut-être encore à leurs anciens et indulgens lecteurs s'ils ne les trouvaient plus dans la seconde. On a sans doute tâché de mettre à profit les critiques, surtout celles de M. Vinet; mais il est telle feuille si légère, que par sa légèreté même, on le comprend, elle ne supporte pas d'être beaucoup retouchée : de vouloir y remettre la main d'un peu près, n'aboutit qu'à la faire tomber en poussière.
Toutefois , on a rejeté dans les notes deux ou 6*018 chansons dont le caractère local ou de circonstance est déjà devenu trop marqué. Lors de leur publication, quelques-uns voulurent y voir des allusions person* nelles , notamment dans Un petit roi. L'auteur doit protester contre cette interprétation : il n'a entendu faire, et n'a fait en réalité allusion qu'aux partis et aux événemens.
Parmi ses anciens compagnons d'étude et de jeunesse, vieux amis pour lesquels et avec lesquels il chantait autrefois , il en est qui auraient désiré voir réunir dans cette édition toutes ses chansons de ce temps-là , dont plusieurs sont encore éparses dans divers recueils ; mais leur amitié en a gardé un souvenir que sans doute elles sont loin de mériter; et puis,