A MON AMI S.-B
1 son dé|Nu1 de Laosaone. — lai, 1838.
--t-^^tfty?)-,»^
Aimez ! puisque l'amour est encor quelque chose
Pour voire cœur blessé ; Bandez sa plaie encor d'une feuille de rose ,
S'il en est apaisé !
S'il faut mourir encor, mourir pour qu'on guérisse ,
Aimez, un dernier jour !
Aimez ! mais que ce soit ou Laure ou Béatrice ,
Seules dignes d'amour.
Afin , quand Elle aura passé dans votre vie ,
Qu'ayant tout coloré , Elle n'y pmsse en rien de rien être suivie
Que du rayon sacré I
IÙ9
Vous soutiendrez ainsi de la vie enflammée
L'intérieur assaut , Jusqu'à ce qu'elle soit purement consumée
Par un éclair d'enhaut.
Que ne puis-je moi-même , oh ! sur votre blessure ,
Âmi cher et souffrant »
Verser en amitié quelques gouttes d'eau pure
Ou de baume odorant !
Du moins , de ce printemps que nous vîmes ensemble
Et qui fuit avec vous , Laissez-moi vous passer, rameau de fleurs qui tremble,
L'espoir mobile et doux.
Le lac ému , sans bruit , d'haleines matinales ,
Chante comme un oiseau.
L'âme à ces jeux se laisse aller par intervalles ,
Aller comme un rioseau.
La neige sur les monts n'est plus qu'un fier sourire
Pour braver le soleil , Et les pics , dans l'azur où tout nuage expire ,
Lèvent un front vermeil.
Bientôt l'ombre et le soir changent tout en fantômes
Au dehors, au dedans; Mais la nuit se fatigue à remonter les dômes
Des vastes cieux ardens ,
Et son dernier élan ne sert qu'à faire luire
L'étoile du matin , Où vous irez un jour, laissant le monde bruire ,
Aimer, aimer enfln.
-0C>viJKtA>5>-