AUX ENFANS
Air italien ! Tuiti lapiii gentilCé,.
Les gazouillantes fontaines , Le vent qui court sur les plaines , Des forêts les voix lointaines , Tout chante pour vous !
Pour vous, fraîche rosée, Sur ma route posée ; De la vie embrasée Matin si doux !
Votre àme est une harmonie Où l'allégresse est unie Avec la note infinie Du mystère humain :
Céleste rêverie , Jeune coquetterie»
Ce qui brille et varie S'y tient la main.
Mais votre vague tristesse , Le prompt souci qui vous blesse , Qu'il est , même à ma tendresse , Rapide et léger !
Votre regard dispose D'un beau voile de rose , Qu'il jette à toute chose , Sans y songer.
Que font à vos têtes blondes Les couronnes infécondes , Et les épines profondes
Qui serrent nos fronts !
Car la folie agile En guiriande facile Vous tend l'heure inutile Dont nous souffrons.
A vous seuls est la nature Dans sa fleur suave et pure , Dans son matinal murmure ,
Bel hymne oai^.
Votre . voix argentine Rappelle la colline Où serpente et badine Le flot furtif.
Oh ! que ta lèvre est joyeuse , Que ta voix est gracieuse , Enfant ! Fàme ténébreuse
Y puise le jour ; Aube riante. et vive;.
Dont la mère attentive Verse , émue et craintive , Des pleurs d'amour.
Oh! brode ta fantaisie De rêves , de poésie ; Et de la couleur choisie Amuse-toi bien !
Que nul , ô mon bel ange , N'ait de plaisir qui change , N'ait de bonheur étrange , Plus que le tien !
A toi les fraîches années , Et les folâtres journées ,
Et les heures destinées Au doux noDchaloir !
 nous l'avenir sombre Qui te jette son ombre , Et les périls sans nombre De notre espoir !
Pour bénir votre sourire , Et pour que ma peine expire , Venez , enfans ! venez dire
Quelque chose encor A ce gardien suprême Qui, bien plus que moi-même, Et vous suit et vous aimé , De son ciel d'or.