‹ Les chansons lointaines, poèmes et poésiesChapitre 45 sur 156 · AUX ENFANS · texte numérisé non relu

AUX ENFANS

Air italien ! Tuiti lapiii gentilCé,.

Les gazouillantes fontaines , Le vent qui court sur les plaines , Des forêts les voix lointaines , Tout chante pour vous !

Pour vous, fraîche rosée, Sur ma route posée ; De la vie embrasée Matin si doux !

Votre àme est une harmonie Où l'allégresse est unie Avec la note infinie Du mystère humain :

Céleste rêverie , Jeune coquetterie»

Ce qui brille et varie S'y tient la main.

Mais votre vague tristesse , Le prompt souci qui vous blesse , Qu'il est , même à ma tendresse , Rapide et léger !

Votre regard dispose D'un beau voile de rose , Qu'il jette à toute chose , Sans y songer.

Que font à vos têtes blondes Les couronnes infécondes , Et les épines profondes

Qui serrent nos fronts !

Car la folie agile En guiriande facile Vous tend l'heure inutile Dont nous souffrons.

A vous seuls est la nature Dans sa fleur suave et pure , Dans son matinal murmure ,

Bel hymne oai^.

Votre . voix argentine Rappelle la colline Où serpente et badine Le flot furtif.

Oh ! que ta lèvre est joyeuse , Que ta voix est gracieuse , Enfant ! Fàme ténébreuse

Y puise le jour ; Aube riante. et vive;.

Dont la mère attentive Verse , émue et craintive , Des pleurs d'amour.

Oh! brode ta fantaisie De rêves , de poésie ; Et de la couleur choisie Amuse-toi bien !

Que nul , ô mon bel ange , N'ait de plaisir qui change , N'ait de bonheur étrange , Plus que le tien !

A toi les fraîches années , Et les folâtres journées ,

Et les heures destinées Au doux noDchaloir !

 nous l'avenir sombre Qui te jette son ombre , Et les périls sans nombre De notre espoir !

Pour bénir votre sourire , Et pour que ma peine expire , Venez , enfans ! venez dire

Quelque chose encor A ce gardien suprême Qui, bien plus que moi-même, Et vous suit et vous aimé , De son ciel d'or.

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