‹ Les chansons lointaines, poèmes et poésiesChapitre 46 sur 156 · DOULEUR PATERNELLE · texte numérisé non relu

DOULEUR PATERNELLE

Lyre dont le chant vole , Malgré moi s'éebappant , Non , rien ne me console !

Tu me distrais pourtant.

Pour un moment tu charmes Mon cœur, qui n'a qu'un cri ; Tu mêles à mes larmes Quelques gouttes d'oubli.

Ce n'est pas de chimères Qu'hélas ! mon cœur se plaint , Mais de flammes amères , D'un feu que rien n'éteint.

0 mon fils ! tendre gage

De mes derniers beaux jours !

Quel démon , dans sa rage , T'a frappé sans recours?

0 douleur ! 6 martyre !

Eflfort pour moi trop haul!

Hélas ! j'ai beau me dire :

Il le faut ! il le faut !

Je Yois toujours , dans l'herbe , Jouer mon pauvre af^eau , Quand le destin superbe Le tient sous le couteau.

Il est si gai, si tendre, Si sage et si «ontent!

U sait si bien attendre, Et jouir du présent !

Quand tout , hélas ! le pousse Vers Tablme iatal , U a la voix si douce !

U prend si bien son mal !

Si pur est son sourire ; Et son pas , si léger !

Plus que tes sons , ô lyre , Ou les airs du berger :

Du berger sur la rive , Qui chante sans penser, Gomme Tonde plaintive Fuit sans se voir passer.

Mais à moi , mes pensées , Sur mon cœur, tout au fond , Vainement cadencées , Tombent comme du plomb.

Lyre , tu ne peux faire Davantage pour moi :

Ah ! qu'au moins je l'espère D'un plus puissant que toi !

Paris, iSkU.

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