DOULEUR PATERNELLE
Lyre dont le chant vole , Malgré moi s'éebappant , Non , rien ne me console !
Tu me distrais pourtant.
Pour un moment tu charmes Mon cœur, qui n'a qu'un cri ; Tu mêles à mes larmes Quelques gouttes d'oubli.
Ce n'est pas de chimères Qu'hélas ! mon cœur se plaint , Mais de flammes amères , D'un feu que rien n'éteint.
0 mon fils ! tendre gage
De mes derniers beaux jours !
Quel démon , dans sa rage , T'a frappé sans recours?
0 douleur ! 6 martyre !
Eflfort pour moi trop haul!
Hélas ! j'ai beau me dire :
Il le faut ! il le faut !
Je Yois toujours , dans l'herbe , Jouer mon pauvre af^eau , Quand le destin superbe Le tient sous le couteau.
Il est si gai, si tendre, Si sage et si «ontent!
U sait si bien attendre, Et jouir du présent !
Quand tout , hélas ! le pousse Vers Tablme iatal , U a la voix si douce !
U prend si bien son mal !
Si pur est son sourire ; Et son pas , si léger !
Plus que tes sons , ô lyre , Ou les airs du berger :
Du berger sur la rive , Qui chante sans penser, Gomme Tonde plaintive Fuit sans se voir passer.
Mais à moi , mes pensées , Sur mon cœur, tout au fond , Vainement cadencées , Tombent comme du plomb.
Lyre , tu ne peux faire Davantage pour moi :
Ah ! qu'au moins je l'espère D'un plus puissant que toi !
Paris, iSkU.