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Là , c'est Wufflens ^t sa tour bourguignonne ; Ici, Ghillon et ses murs savoyards.
La vieille Avenche, aux débris de colonie, Garde en son sein l'empreinte des Césars. Où sont , Yaudois, nos titres , notre gloire? Qu'avons-nous fait? que dit nôtre passé? Notre nom même à peine y fut tracé. — C'est le moment de fonder notre histoire.
Sinon , rayés du rôle des vivans ,
Nous passerons , poudre jetée aux vents.
Pendant qu'ainsi ma voix se fait entendre , L'orage accru lance au loin ses éclairs. Du trône aussi Rome devra descendre , Rome, deux fois reine de l'Univers. Du haut des monts où là neige polie A l'horizon flotte comme un drapeau , Applaudissons à ce soleil nouveau Dont la lueur réveille l'Italie.
Clé du Midi , barrière pour le Nord ,
D'un double choc soutiendrons-nous l'effort?...
Peut-être , amis , la forêt dépouillée Verra nos nids et ses rameaux brisés.
Longtemps heureux sous sa verte feuillée , Pauvres oiseaux, nous serons dispersés.
Quand pareil jour inclinera nos têtes , Si nous savons en soutenir le poids , Ma voix encor, chantant le long des bois , Sur nos buissons , flétris par les tempêtes ,
Annoncera , soleil de T Avenir, Qu'à tes rayons ils doivent rajeunir!
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Jeunes amis , la tempête est venue , Et sur nos fronts , touffus ou dépouillés , Gomme un torrent la voilà descendue , Voilà du nid les brins éparpillés.
Mais de ma voix enfin qui se réveille , Et se sent forte , heureuse de chanter, Voici pour ceux qui voudront Técouter, Un chant sorti de celui de la veille.
L'éclair tonnant qui déchire les cieux , Perce leur voile et nous les montre mieux.
* Ce morceau, composé en mars 4845 , fait suite au précédent, composé et publié en mars 1831 .
0 ma Chanson , prejids ton vol vers les cimes Que n'atteint pas un vers. plein de lang^eu^. Fi de vos luths , chanlres aux fades ri^nes , Hélas ! plutôt , chantres au fade cœur ! Restez à l'ombre au sein des molles plaines , Près des roseaux qui vous rendent tout bas Un son moqueur que vous tf «hteiidei pas ! — Nous , pour les pins , les rochers et les chênes ,
Pour les cœurs hauts , pour les libres sommets , Chantons un chant qui s'y grave à jamais !
Consolez- vous, âmes tristes et fières ,
Qui refusez de vous joindre aux faux dieux ,
Qu'ils aient pour temple ou château]^; ou chaumières,
S'il faut voiler sa face devant eux !
S'il faut prier à l'autel du mensonge !
S'il faut se faire une bouche de miel ,
Flatter la terre et maudire le ciel ,
Creuser l'abîme , et , quand l'homme s'y plonge,
S'il faut toujours, loups, bergers ef^ moutons, Toujours descendre, et dire : <( Nous montons!
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(( 0 mollis sfterés ^ libre éther, fohniebte dmes , )> Nous v<m& quktons pour le JwoaiUxrd hnpur. )) Adieu , «hemiti ë'^nhaut ! sentiors svbimes ! » Nous aimons «lieux le ppéeqHce ohsoor. » NoUsaioioAsaiieux,qpiaiidlePi»tettrdesjtiondes » Grarîl d'^étoile en élbik, el du ciel » Nous montre au loin le padfiqiie autel , » Nous aimons mieux^ sous nos Ymîla$ prafondes,
))fiuivre le jour douteux et sépukral » Où tout se mêle» et le bien et le mal. »
Goosokffi-'YOUS ! La Vérité demeore , Gandant Fabbiie et la porte des oieux, Toujours TsilhMt , tsa^tmat de son heuve, Toujours debout, goerri^ silencieux.
Un glaive nu dans sa droite flamboie; Gomnte un Mair H perce rheriaon.
Des raîsMtneurs eoûfondant la raison ^ IJemps lui diasae el lui livre sa proie.
Clonsolez^irmis ! le jour, le Jour YÎendr Eteyaiit lequel tout fans jour s'enfuira.
Systèmes vains , de l'esprit vains fantômes Qui vous donnez pour des créations , Droits sans devoirs , républiques , royaumes , Poudreux amas, lois, constitutions!
Elevez- vous ! paraissez dans l'espace ! Durez un jour! un jour vous détruira.
Qui se croit maitre , à son tour passera ; Qui prend un siège, un autre l'y remplace.
De la Fortune, au pied vague et traînant, L'antique roue est ce globe tournant.
Sortez , sortez ! vivez aussi votre heure , Songes nouveaux de noire âge en débris , Qui nous ferez une terre meilleure De ce limon dont nous sommes pétris.
Taillez ! brisez ! au compas, à la règle , Mesurez-nous et la terre et les airs ! D'un autre orage étouffez les éclairs.
Et dans la nue enchaînez le Grand Aigle !
Si le compas en vos mains tremble un peu , Dites : «Ce n'est que le soufBe de Dieu ! »
Jeunes amis, je vous répète encore :
Vers le passé ne tournez pas vos yeox; Ne dites pas : % 0 vienne enfin l'aurore D'un jour tranquille et constamment joyeux ! » Nous sommes nés sous un ciel de tempêtes; L'une suit l'autre « et toujours plus épais, Plus menaçant , même en parlant de paix , Le noir essaim se suspend sur nos tètes.
0 siède dur au visage de fer,
Marqué pourtant d'un prophétique éclair !
C'est bien ! — La brise embaumée et légère Caresse l'âme et la berce et l'endort ; Il faut veiller ! Sur la terre , étrangère , Il faut que l'âme ailleurs cherche le port ! 11 faut , debout, et couverts de poussière , Mêlés au peuple , incertain , soupirant , Il faut marcher et combattre à son rang , U faut sauver, jusqu'au bout, la bannière.
Il faut savoir vivre pauvre et souffrir, Il faut savoir rester libre et mourir !
Mieux (|tie té veut Ml Siiles vôy^lge»^ , Quand nous serohè <l8RV^éé <fë tifôi èbtps , Nous fhinciriroiis les ^afhès ntrâ^eb^ê» , Nôti» ëtètAVii, éhâfatjâtat i'hytttné dès fbt^. Ded ))î^fôndèuk*s de là Mèitè tA^ineè, SbMàts dtt jtiète , à'dVérsàfliês duM^l , Nous jettei*on^ tul régârrd filiàtl Sut* tes VâHotts dlë ta pàtrfe 'àntaéè ,
Et du brouillâinll âèiîs tft Vérroiis eikiffii , Libt^, montët* à rétiétMl ttmtKi.
EPItOGUE
Ainsi du ciel et de la terre
Un chant de mÉe iét ie confond.
Ainsi d'ttUt Ame sOIHalirb
Uae âme entend récho profond»
Et , se cherchant comme la flamme ,
Vune Vers raiktre elles s*en rtint...
Le poète èat ta tqdl de rime :
Il chante, il écoute ^ il répond.