LA DERNIÈRE RONDE
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C'était le temps de3 fêtes helvétiques.
L'air était pur, mais les cœurs enflammés. Ou se reprit à nos diffises antiques Peur varier les j/è^x aoeduttmés.
Le vieux refrain amena dans la ronde Une inconnue au regard fier et doux.
Son oflUe ^^ fiedpîjtaît (}b i^^rr^ux, Flot sQtdievaM h mg^ ^e sm i>v^.
Celui qu'dle aime est ^ar elle ehois! ; Il vint près d'ette, et chaulèrent ainsi :
« Nous n'irons pius iw Ms, I» lnuràir^ «M( flMris , Nos aïeux nou« F:oDt appris ,
L'honneur est mensonge.
Dansons donc sur leurs débris !
La patrie est un songe.
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» Nous faisons bien de parler de nos pères. Que leur mémoire a nourri de grands cœurs ! Entre nos mains l'âge a rendu prospères Les biens venus dé ces hardis vainqueurs ; Fut-il jamais des grappes mieux dorées , Des chants plus gais au soleil du matin? De plus de grâce et de plus beau satm Yit-on jamais nos grand'mères parées?
)) Noble héritage ! 6 biens que nous aimons , Paix et sommeil , couronne de nos monts ! »
Fixant les yeux et les pas de la ronde, Longtemps encore ils restèrent ainsi.
Avec leur voix, de leur peine profonde Le triste écho se prolongeait aussi.
Pâle , muet , tout ce peuple de danse Les laissait (tire et , par eux dominé , Sous le refrain tournoyait entraîné.
Elle chantait , imprimant la cadence ,
Et lui , plus fort , reprenant son discours : a 0 jours heureux ! disait-il , heureux jours
» Où l'on méprise et l'amour et la gloire ; Où s'enrichir est l'unique talent; Où l'on ne veut que manger, rire et boire; Où l'on ne sait plus agir qu'en parlant ; Où l'on sait mieux se courber que se taire ; Où les puissans sont subtils et couards , Et les petits , arrogans et bavards ; Où l'on s'applique à renchainer la terre;
)) Où l'Helvétie a rajeuni son front
Pour mieux garder les marques de l'affront.
» Les loups , les loups sont entrés en campagne, Jeunes et vieux, louves et louveteaux, Hurlant de fmm de montagne en montagne , Mordant la terré aux flancs nus des coteaux. Tout a péri , la biche et la cavale ; Le sol à peine en garde un ossement , Et des agneaux lé dernier bêlement Vient d'expirer sous leur dent glaciale. )> .
— « Que resle-t^il ^ puisse èlre mangé? n Que reste-t^il qui pittsse être rongé?
» Eh quoi ! la teri^e est déjà dévorée!
» Dans sa carcasse il n'est donc plus de chair?»
ÏMsant ainsi , les loups , troupe ahérée ,
D'un œil sanglant croisent le fauve éclair.
A son contact Tobscurité s'allume.
De part en part la sinistre clarté
Perce lé val au détour abrité ,
Et le roc sombre enterré âous la brume.
» Pays des lacs , pays des monts si grands ! Voici les loups qui passent les torrens.
)) R^esse-tôi , Taureau de la inMilaj^ ! Car ils l'ont vu : que sert de le cacher? Leur gueule éeuihe, et déjà leiur fiei gagne Le seul poiM faible où eède le rocher. Ce roc vaSkni, il voudrait le dâfinadre! Il se roidit ou s'enftat sous leurs pas , Et , terrassé , te couvre de ses bns , Ainsi qfï'm père el e(Hirageax|el (enâret
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B Redbesfr-Ki, Taiireftut «nris tes jtrrMs, Et obaBse eaevr i» teups èins ieufs finMa.
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» Le vieux latteur, sentant sa corne usée, PhÔosophait sur te moncte inconstant , Et ruminait dans sa lourde pensée Qu'il tsÀi bon vivre , et qu'on ne vit pas tant, A ces hurieurs , grinçant d'impatience , Qui , langue au vent, léchaient déjà ie de! , B dit : — Pour moi , cette herbe aux fleurs de miel ! Pùtsï vous , ce roc de gloire et de vaillance ! —
» Et leur <eil fauve et leur regard hiipur Tournaient autour de la eime d'azur.
» Laisses, laissez la IrSiuse soniipe , Beau haranfORurs cpri parliez tout le JMf , Qui dissertes^ tfiàipéf^vei eoeore Quand rcMiemi vieM parier à son lour.
Que k» renanlB et tear hau<e éloqueiiee Ont biea iservl le taureau s^Miiolentt Im se réveitie, et répond en beuglant : -^« VoJ^ns, renarès V^unmite^ votfe ad^nee ! m-^
» Mais , eomme un son qui dans les airs s*en va , Les harangueurs ne se trouvent plus là.
» Non ! les voici pour ameuter des frères ,
Pour leur crier : — « Vengez-vous ! vengez- vous !
» Ne cédez rien de toutes vos colères !
» Rien , pas un droit , un vote , un mot jaloux !
» Vous ne formez qu'une seule famille ,
» Petite , à part : c'est pour vous mieux haïr;
» Qu'une maison : c'est pour vous mieux trahir.
» Tirez le glaive, et qu'en vos mains il brille,
» Ce fer dormant , à la fln réveillé ,
» Dans votre sang à la fln dérouillé! » —
» Faudrait-il dire un jour : Plus de patrie! Pour nos enfants plus d'antique berceau ! Et pour l'aïeul , sur la pente fleurie , Plus d'humble Uni , plus même de tombeau ! Nul souvenir, plus d'héroïque histoire ! Rien qu'un long crêpe à jeter, l'œil en pleurs, Sur nos discords , sur nos communs malheurs , Linceul aussi de notre vieille gloire !
» 0 sort amer! ô triste avènement!
0 haine ! 6 crime ! 6 juste châtiment !
» Mais rHeWétie est tonjorn^s belle et grande ! Lui fallût-il renier ses enfens »
N'a-t-elle pas de ses monts la guirhinde , Toujours ddsout, dans le ciel triomphans? Que lui fait l'homme? il n'est pas digne d'elle. Rentre au désert, rentre au désert sans bruit, Fille des monts ! rendors-toi dans la nuit , Sous le dais blanc de ta neige étemelle.
» Sans souvenir et sans postérité , Tu jouiras , seule , de ta beauté.
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» Pourquoi la terre est^Hè donc » triste? Chaque printemps vient rajeunir son sein; Quand tout s'en va , toujours elle subsiste; Jamais son vol ne s'arrête incertain.
Paix dans le ciel et le haut pâturage ; Paix ici-bas. Pourquoi la terre en deuil Ressemble-t-elle au vaste et froid cercueil Où s'est couché le rêve de notre âge?
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» Rêve aoMflV»! <A ! KèYS inifamise let iM^au ! Son %mk fital ^wà mty» mm^ m tembeai.
Dernier rayon Ci«li$09ge tpiis'éteml^ Des fiifsH]| ott^Eorls HM^aagèi^ inopaime , hJ^mr d'espioir <(ae te b^ouillenl attaki^ ! Toi 4oni h mm, par la iiDUûhe qui Vaitte, Ne amk f\^ qq'w seevet prononcé !
D'un peuple pmvftA d'un payaghté^ Adieul fleur pure l ladku , seul diadétie I
» Mais du pèober» tcm înMnortel «qoiir. Fleur du nMm » tu redaflfUs un îeu^» )i
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Le peuple émm hfi énmiiiil entoro Qm ëan la fiioia il& s'étaient èdipsés ; Jeûnas et iier3 tPUB tes deui:; on igPMre Leur nom, leuf vie H k\m songes passé», La luue, eu loin, eur les I«^$8ea ooHîue^ Montait » phis froide iet pèle qu'un gl$c^. Le veut du nord souffla $up te laurfaH»* Crispe le oîel, l'enserra les poftriues,
Et d'ombi'e en ombre il répétait un air, Un air de ronde , avec sa voix de fer :
« Nom nHrom plus au bois, ks lauriers sont flélris , Nos aïeux nous l'ont appris , L'homeur est mensonge.
Dansons donc sur leurs débris !
La patrie est un songe. »