‹ Les chansons lointaines, poèmes et poésiesChapitre 58 sur 156 · LES HÉROS HELVÉTIQUES · texte numérisé non relu

LES HÉROS HELVÉTIQUES

A M. ravo]er Neuhaas

Oh ! les temps héroïques , Où sont-ils? où sont-ils?

Hommes des jours antiques , N'avez-vous plus de fils?

D'Erlaeh , dans la campagne , Où donc est le cimier?

De Tell , sur la montagne , Où , le sifflant acier ?

D'Arnold , sur le rivage , Où , le bras saint et fort ,

Faisant un grand passage De victoire et de mort?

Où , Léman , sur ta grève , La voix de Berthelier, S'écriant : k Pour Genève ]e mourrai le premier? »

De Davel , âme auguste , Où, le libre éehafaud, Trône d'un homme juste , Succombant le front haut ?

J'entends des voix amères Longuement discourir :

Où sont , comme leurs pères , Ceux qui savent mourir ?

Des tribuns , par centaine !

Chacun poussant les siens :

Mais où sont , dans la plaine , Où sont les citoyens?

Pourtant , guerrier sublime f Schwytz est là toujours , Là , debout, sous la cime Aux imprenables tours :

in

Gam de sang trenfiée, Qiri hii «ei*t de dmpeM !

Lui , ceint de son épée , Ld main sur le potemieâu !

Eléens son vert dwisâne , An Inré du torrent soArd, L'Ours, toujours, se promène , De son pas ferais et totird :

fWMfloitote et a»ga î Aiix dnl*s et &m regards ; Lion par le courage , 'Renard j^otit* lëë t*enat*Âs.

Et toujours ) sur les lOlides Dm LénoB argenté ,

Sort des grottes profondes Ùhëhatttdetaerté.

Il s'élète, M s'élève !

Il feii frémir tes eaux\ Et la montagne achève , Avec ses mflle échos.

Il>dit : (t^uisBafleuvele, n Renais I c'est le sigiial ;

» Sur la neige éternelle » Pose un pied virginal.

» Comme elle blanche et pure, » Viens sur le pic vermeil !

» Des fleurs à ta ceinture , » Sur ton front le soleil ! »

Mais le chant monte encore ; U monte jusqu'aux cieux , Avec le soir qui dore Les glaciers radieux.

Et dans les rougeurs sombres Des nuages flottans On voit passer les ombres Des héros du vieux temps.

Ils viennent , grands , sublimes , Mais le chef incliné , Gomme , au bord des abimes , Un pin déraciné.

Et leurs fronts, hauts et mâles ,

Ridés comme la mer.

Lancent des éclairs pâles ,

Qui se croisent dans l'air.

Là , du sein de la oue Jusqu'au creux des vallons , Ils percent l'étendue , De leurs regards profonds.

Us voient tout : les vallées Qui cachent leurs tombeaux , Et les tours écroulées, Noinmant des lieux nouveaux.

Mais leur regard s'étonne :

Il cherche , il cherche en vain ; Comme l'aigle , en automne , Planant sur le ravin :

Alors qu'à la montagne Dit adieu le troupeau , Qui lentement regagne La plaine et le hameau ,

Et que l'oiseau superbe , Sur les monts las d'errer, Ne voit plus rien, dans l'herbe , Passer ni respirer.

Le chant, le chant qui monte , Us récoltent pourtant :

Mais ils n'en tiennent compte ; Hélas ! ce n'est qu'un chant !

Gomme un bruit de tempête U expire auprès d'eux; Mais ils hochent la tête , Et regardent les cieux.

Ils soupirent , . . . ils passent , En espérant encor,

Et dans la nuit s'effacent Avec les astres d'or.

Oh ! les temps héroïques , Où sont-ils? où sont-ils?

Hommes des jours antiques , N'avez- vous plus de fils ?

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