A BAS
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Je ne suis pas de ceux cpû ne respirent Que faux bonheur, fausse traoqmUîté.
C'est dans la paix que nos malheurs empirent ; L'ordre puMie corrompt la Kberté.
La nuit , mon rêve est que le monde ploie D'un pôle à Fautre, et tombe avee fracas. Puis , je m'éveille avec ce cri de joie :
« A bas ! »
A bas ! à bas! ce mot seul peut mé plaire : Je le savoure et j'en sens la douceur ; Non , rien de tel qu'un beau jour de colère ! Oii frappe, on brise, on casse avec i)Oliheur. Quoi ! le soleil toujours après la pluie ! Toujours ces biens qui font nôtre embarras ! Toujours ces fleurs, ces fruits ! . . . cela m'ennuie.
A bas!
0 Liberté ! nous avons pris ta lance ,
Mais pour en faire un levier dans nos mains,
Un fort levier qui secoue en silence
L'arbre du monde, aux feuillages humains.
Yois-le déjà , des pieds jusqu'à la cime ,
Trembler, gémir sous l'effort de nos bras,
Yois-le pencher sa tète vers l'abime ! . . .
A bas!
Tombe aux accords de nos lyres sauvages , Arbre vieilli , planté par nos aïeux !
Va t'engloutir dans le torrent des âges Et dans ses flots qu'il t'emporte avec eux ! Tes longs rameaux ni ta noueuse écorce Du noir destin ne te sauveront pas , Déracinons , déracinons à force !
A bas!
Il est tombé , le cèdre au large ombrage , Sa gloire est morte , et chacun le honnit. L'aigle, qui dort le front dans le nuage , A son sommet ne fera plus son nid ; Le pèlerin , les pieds blancs de poussière , Ne pourra plus y détourner ses pas; Ni les bergers, ni la gent moutonnière.
A bas !
En atieDdant qu'on autre arbre s'élève , 0 Liberté ! là , nous dressons le tien : Màt pavoisé, mais qui n'a point de sève , Point de racine, et ne pose sur rien.
Aucun oiseau ne se fie à ses branches ; Même il en est qui, prenant leurs ébats , Disent aussi , voix malignes et franches :
(1 Â bas ! »