‹ Les chansons lointaines, poèmes et poésiesChapitre 60 sur 156 · A BAS · texte numérisé non relu

A BAS

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Je ne suis pas de ceux cpû ne respirent Que faux bonheur, fausse traoqmUîté.

C'est dans la paix que nos malheurs empirent ; L'ordre puMie corrompt la Kberté.

La nuit , mon rêve est que le monde ploie D'un pôle à Fautre, et tombe avee fracas. Puis , je m'éveille avec ce cri de joie :

« A bas ! »

A bas ! à bas! ce mot seul peut mé plaire : Je le savoure et j'en sens la douceur ; Non , rien de tel qu'un beau jour de colère ! Oii frappe, on brise, on casse avec i)Oliheur. Quoi ! le soleil toujours après la pluie ! Toujours ces biens qui font nôtre embarras ! Toujours ces fleurs, ces fruits ! . . . cela m'ennuie.

A bas!

0 Liberté ! nous avons pris ta lance ,

Mais pour en faire un levier dans nos mains,

Un fort levier qui secoue en silence

L'arbre du monde, aux feuillages humains.

Yois-le déjà , des pieds jusqu'à la cime ,

Trembler, gémir sous l'effort de nos bras,

Yois-le pencher sa tète vers l'abime ! . . .

A bas!

Tombe aux accords de nos lyres sauvages , Arbre vieilli , planté par nos aïeux !

Va t'engloutir dans le torrent des âges Et dans ses flots qu'il t'emporte avec eux ! Tes longs rameaux ni ta noueuse écorce Du noir destin ne te sauveront pas , Déracinons , déracinons à force !

A bas!

Il est tombé , le cèdre au large ombrage , Sa gloire est morte , et chacun le honnit. L'aigle, qui dort le front dans le nuage , A son sommet ne fera plus son nid ; Le pèlerin , les pieds blancs de poussière , Ne pourra plus y détourner ses pas; Ni les bergers, ni la gent moutonnière.

A bas !

En atieDdant qu'on autre arbre s'élève , 0 Liberté ! là , nous dressons le tien : Màt pavoisé, mais qui n'a point de sève , Point de racine, et ne pose sur rien.

Aucun oiseau ne se fie à ses branches ; Même il en est qui, prenant leurs ébats , Disent aussi , voix malignes et franches :

(1 Â bas ! »

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