LES PÈLERINS SUISSES
Chacun disait : a Terre plus douce Ne sourit au regard de Dieu ; Au pied des chênes, sur la mousse , Plantons nos tentes en ce lieu. » — Mais la tempête au vol sonore  fait ouïr sa voix d'airain , Et nous devons reprendre encore Le bâton blanc du pèlerin.
Les montagnes, comme une tente , Dressaient leurs cimes vers les cieux, Les prés fleuris. Tonde éclatante Tour à tour récréaient nos yeux.
Mais tout est sable, et le rivage Tremble sous un choc souterrain .
Nous avons pour tout héritage Le bâton blanc du pèlerin.
BàtOD d'honneur et de justice :
Emportons-le dans le désert !
Nous graverons le mot de Suisse Sur son bois, qui restera vert.
Il fut cueilli sur la montagne , Un jour d'adieu» de noir chagrin.
Et partout il nous accompagne , Le bâton blanc du pèlerin.
Quels noms y mettrons-nous encore , Sur ce bâton , notre humble autel ?
Des noms que la droiture honore , Ceux de Laharpe et de Davel !
Us sont à nous : laissons à d'autres Ceux des faux tribuns au cœur vain.
La patrie a ses vrais apôtres Au bâton blanc du pèlerin.
Non ! la Suisse n'est pas perdne !
Elle nous suit, la tète en deuil.
Une voix nous dit, de la nue :
» Je fais revivre le cercueil ; » Je fais refleurir dans la plame )) Les prés, les bois, le jour serein ; » Je fois reverdir comme uu chêne )> Le bâton blanc du pèlerift.
LE GHAPMII