‹ Les chansons lointaines, poèmes et poésiesChapitre 7 sur 156 · LE BON VIEUX TEMPS HELVÉTIQUE · texte numérisé non relu

LE BON VIEUX TEMPS HELVÉTIQUE

AUireiuib, uu miiiaii eu oui&m;

A rire, à vivre bonnement; On n'allait pas chercher malice Dans chaque pauvre événement; On était gai , content , traitable , On s'oubliait par-ci par-là; Maintenant on est... lamentable :

Hélas! qu'y faire?... enfin, voilà!

Quand on aimait , sans phrase aucune On le disait bien tendrement.

On n'allait pas faire à la lune Maint triste et mauvais compliment.

On aurait su fort mal décrire

Son cœur, dire au long ce qu'il a; Mais on ne pleurait pas pour rire.

Hélas! qu*y faire?... enfin, voilà!

Fallait-il chanter une ronde?

Tous l'entonnaient fort bravement.

Et l'on disait : 0 belle blonde , Prenez-moi donc pour votre amant !

Et verduron et verdurette Et larirette et Ion lan la !

Ils chantaient comme l'alouette. Hélas! cpi'y faire?... enfin, voilà!

Leurs histoires n'étaient point sottes : Us avaient le petit Poucet.

Nous , nous avons presque ses bottes , Et nous en sommes fi^^, dieu sait !

On court , on arpente , on embrasse Toute la terre. . . Après cela , Gros-Jean se retrouve à sa place.

Hélas! qu'y faire?... enfin, voilà!

Oui, c'est fini! tout dégénère.

Notre vieux monde est tout gâté ; Il entre dans la nouvelle ère

Où Ton s*ennuie en liberté.

Dès qu'on fit les rois en fabrique ,

Gelai d'Yvetot s'en alla.

Il n'est resté que sa bourrique.

Hélas! qu'y faire?... enfin, voilà!

0 Gravité ! Pédanterie !

Filles d'Ennui /soyez nos dieux.

De votre main rude et flétrie Bénissez-nous, à qui mieux mieux.

Déjà la vie en nous s'arrête ; Déjà nous radotons ; déjà Nous branlons doctement la tète.

Hélas! qu'y faire?... enfin, voilà!

Plus d'amitié , plus de franchise , De belles phrases plein un sac; De bons vins, une chère exquise , Mais plus de dents , plus d'estomac ; Force pompons, force dentelles; La paysanne en falbala :

Mais ma foi! bientôt plus de belles.

Hélas! qu'y faire?... enfin, voilà!

Il en est une. Sur sa joue

Deux baisers, (c'est le droit commun) M'étaient dus : elle fait la moue , Au lieu de deux je n'en ai qu'un.

Nous chicaner sur nos tendresses !

Le beau système ! et l'on y va :

Des égales , plus de maltresses !

Hélas! qu'y faire?... enfin, voilà!

Qu'y faire, hélas ! ô triste vie Où toute chose n'a qu'un temps , Où l'on regrette, où l'on envie.

Où l'on n'a pas toujours vingt ans ; Où ces petits vers supportables Dont ma muse vous régala....

Vous les trouvez donc détestables?

Hélas! qu'y faire?... enfin, voilà!

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