‹ Les chansons lointaines, poèmes et poésiesChapitre 76 sur 156 · LE LUTH SAUVAGE · texte numérisé non relu

LE LUTH SAUVAGE

Je Due suis pas un grand poète , Mais j'ai pourlapt , là, dans le cœur, Quelques chansons , que je répète Tristement , sur un air moqueur.

A qui pourrais-je les apprendre?

A Técho seul , si je m'en crois . . .

Timide et fier, naïf parfois ,

Sauvage et tendre , Je n'ai qu'un luth au fond des bois.

Pourquoi le monde est-il si triste?

Pourquoi fait-il peur ou pitié ?

Tout est miné , rien ne résiste ; Partout un serpent sous le pié.

Dans la forêt , qui me recueille , Quand ont passé dames et rois ,

Je laisse aller, monter ma voix

De feuille en feuille...

Je n'ai qu'un luth au fond des bois.

Quand, le soir, rentrent les familles.

Que le feu rit au noir foyer, Et qu'en marchant , les jeunes filles Se parlent bas dans le sentier ; L'une à l'écart chante , distraite , Un bout de refrain villageois , Sans savoir qu'il fut une fois

Un vieux poète , Qui le chantait au fond des bois.

--fîo^^k^îr-a-^

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