Complainte d'une amante délaissée
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1. E - cou - tez - moi, fa - cil's et bel - les, Ap - ]ire - nez
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à fuir les trom-]ienrs, E - cou - tez, a - niants in - fi-
de - les, La pei -ne diic au siir bon -heur. E - cou - tez,
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a - mants in - ti - de -les, La pei - ne due au sûr bon-heur.
Lucie, des filles de Vincennes Était la plus riche d'attraits; Jamais l'eau pure des fontaines Ne rafraîchit de si beaux traits.
Hélas I des peines trop cuisantes.
Hélas! un amoureux souci Vient ternir la rose brillante Sur le teint vermeil de Lucie.
Par trois fois l'on entend la cloche Dans le silence de la nuit.
Par trois fois le corbeau s'approclie.
Frappe au.x vitres, crie et s'enfuit.
Ce cri de la cloche cruelle, Lucie comprit tout aisément; Aux filles pleurant autour d'elle Elle a dit ces mots en mourant :
Vous aurez vu souvent l'orage Qui courbait les lis du jardin.
De ces lis elle était l'image Et déjà penchait vers sa fin.
— Chères compagnes, je vous laisse, Une voix semble m'appeler; Une main que je vois saiis cesse Me fait signe de m'en aller.
L'ingrat que j'avais cru sincère Me fait mourir si jeune encor!
Une plus riche a su lui plaire; Moi qui l'aimais, voilà mon sort !
Ah! Colin, ah, que vas-tu faire?
Prends-moi mon bien, rends-moi ma Et toi, que son cœur le préfère [foi ! De ses baisers détourne-toi !
Dès le matin, pour t'éprouver, A l'église il te conduira.
Mais homme faux, fille abusée.
Songez que Lucie sera là !
Filles, portez-moi vers ma fosse.
Que l'ingrat m'y rencontre alors.
Lui, dans son bel habit de noce.
Moi, couverte du draji de mort.
Elle expire, on creuse sa fosse, Et l'époux la rencontre alors, Lui, dans son bel habit de noce, Et Lucie sous le drap de mort.
Que devient-il? Son cœur se serre, Un froid mortel vient le transir, Quand il (vit) [voit] Lucie qu'on en- Lucie qu'il a fait mourir, [terre,
Il tombe et chacun se disperse ; L'épouse s'enfuit de ce deuil.
Colin, baigne des pleurs qu'il verse, Reste éperdu sur le cercueil.
Vaine et tardive repentence!
Il pleure ses premiers amours.
Aux suites de son inconstance Il ne survit plus que deux jours.
Près de son amante fidèle, Les bergers l'ont porté, dit-on.
11 repose maintenant avec elle, ('ouvert par le même gazon.
La tombe reçoit mille offrandes.
Deux à deux les amants constants Viennent les entourer de guirlandes Au retour de chaque printemps.
Vois cette pierre, amant volage, Et crains un semblable destin.
Avant que ton cœur se dégage.
Souviens-toi du sort de Colin.
Chantée par ^Imc Louise Aufranc, 1846, à Orvin (Berne).