C. Un Amant infortuné
C'est dans la tour de Toulon, l'y a-t-une tant jolie brune. Elle est plus belle que le jour, Son (cher) amant lui va faire la cour.
— La belle, je vous irais bien voir, j'ai peur de fâcher votre père.
Permettez-moi d'ouvrir la tour.
Je vous irai voir tous les jours.
— Cher amant, si vous y venez, je mettrai flambeau pour enseigne.
Tant que le flambeau brûlera.
Jamais l'amour ne finira.
Le vert-galant s'en est allé au tout le long de la rivière. S'est assis sur le bord de l'eau Pour y voir la fin du flambeau.
La mer farouche l'a-t-englouti, l'a jeté au bord de ses ondes. La mer farouche a pris un tour, Elle l'a jeté au pied de la tour.
') Les str. 7 — 9 sont inconnues aux autres leçons. — ^) Je me permets de citer cette version de M. A. Biétrix, que je n'ai pas retrouvée dans le Jura, et qui vient compléter les autres d'une façon intéressante.
Lorsque l;i belle se réveilla, l'a mis la tète à la fenêtre, Regarde en haut, regarde en bas, L'a TU son cher amant au trépas.
— 0 mort, li mort, cruelle mort! Qu'as-tu donc fait d'un si bel homme? Tu lui as tiré l'âme du corps Et tu me l'as laissé pour mort!
Cruelle chose que d'aimer quand on n'a pas ce que l'on aime! Hier au soir j'avais un amant.
Je n'en ai plus présentement.
A. Biétrix: Vieilles Chansons du XVIIIe siècle, \\. 76, No. 7 (Manuser. de l'Ecole Cantonale de Porrentruy).