‹ Les chansons populaires recueillies dans la Suisse romandeChapitre 26 sur 128 · C'é - tiiit la till' d'un' ca - har'-tièr', Un soir al · texte numérisé non relu

C'é - tiiit la till' d'un' ca - har'-tièr', Un soir al

g=^^=^^feN5ÉgE^

lant s'y pro - me - ner, S'y jifo - me - naiit tou-te seu-

let - te Comme u - ne til - le bien lion - ne - te.

En son chemin fit la rencontre, Trois libertins l'ont arrêtée.

— Arrêtez, arrêtez, jeun' fille,

Les libertins n'ont pas manqué:

Au cabaret s'en sont rallés.

— Tou.s de bonsoir, JMadame l'hôtesse ;

Dans ces grands bois vous êtes prise. Apportez-nous une bouteille.

— Ah! je n'ai rien dessus mon rlos Que ma bagu' d'or, ma montre en or.

Ah! tenez-les, je vous les donne.

(Mais) monDieu, je n'ai que ma personne.

— Ta bague d'or nous l'aurons bien.

Ta montre en ore | aussi bien Ainsi que ton p'tit cœur, la belle ;

Ils n'eurent |ias plutôt soupe Que le plus jeun' d'mande à compter.

Tout eu tirant l'argent d' sa bourse, La bague d'or s'en va en course.

Madam' l'hôtesse courut après, C'était pour voir ce que c'était.

— Ah ! c'est la bague de ma fille !

Nous t'y tenons dans ces grands bois. Je veux savoir ce qu'ell' vous coûte.

— Nous n' l'avons pas même achetée.

Nous l'avons même retrouvée; Tout en passant d'vant cette église, Nous l'avons vue, nous l'avons prise.

— Mon petit cœur vous ne l'aurez pas, Je m'y défends jusqu'au trépas.

J'aimerais mieux cent coups de lance; Pour moi, mon Dieu, je n'ai d'offense.

Les libertins n'ont pas manqué:

Cent coups de lance ils lui ont donné. La pauvre fille (elle) est mort' de suite. Sans pouvoir y crier justice.

Chantée par Mme Math. Macquat-Ménétré, née en 1883, Bonfol Chans. de Mlle Mathilde Ménétré, Bonfol.

Si vous voulez voir votre fille Allez là-haut dans ces grands bois; Vous la verrez son sang qui coule, Son cœur ouvert à coups de lance.

B. La jeune Fille tuée

lo Ion d' se tchain, lo Ion d' se pré djiien fèyate y' è rèskontrê; y' è rèskontrê djuen fèyate ke retyoyê le vyolate.

i yi è di: — djuen fèyate^ pèsrin vo si bô solate?

— i l'è pesé è repésê èvô mon frèr k' èvê se dèdve.

Le long de ces champs, le long de ces Jeune fillette j'ai rencontré'; [prés, J'ai rencontré jeune fillette Qui (re)cueillait la violette.

Je lui ai dit: — Jeune fillette, Passeriez-vous ce bois seulette?

— Je l'ai passé et repassé Avec mon frère qui avait ea dague.

— ô! de ton frér è n'an no tchâ!

ton tyiir è no lo fâ !

— Prenez mes bagues et mes anneaux Et tout ce que j'at de plus heau.

— Oh! de ton frère, il ne nous en chaut! Ton cœur il nous le faut!

— Oh! laissez-moi mon cœur de gage.

Puisqu'il ne vous porteaucun dommage.

lo pii djiien dit-â pii véye ') :

— uoz-ain ofansie due!

Le plus jeune dit au plus vieux:

— Nous avons offensé Dieu.

Et se sont mis à marcher trâ djoè, trâ no sans cesser.

S'en sont allés droit à la porte Du père de la fille morte.

Trois jours, trois nuits

Communiquée par M. Joseph André, né en 1820, Beurnevésin.

Page 1