‹ Les chansons populaires recueillies dans la Suisse romandeChapitre 66 sur 128 · C. La Bergère des prés {Même mélodie · texte numérisé non relu

C. La Bergère des prés {Même mélodie

Entre | onze heures et la minuit A la fenêtre de son lit, En lui disant: Lève-toi, chérie.

Nous irons voir nos amis.

La belle se lève avec confiance.

Et dans ses bras elle s'élance.

Et puis d'un bond franchit le mur; Il la fixa sur sa monture.

L'amant piqua fort son chev.il.

Les maiiis jointes, les yeux en pleurs: — Arrête, arrête, jolie brunette.

Car c'est ici qu'il faut mourir.

La belle descendit de cheval, Les mains jointes, les yeux en pleurs : En lui disant: Tu as grand tort De me donner le coup de la mort.

Il lui enfonça son épée; Tout droit au cœur la lui a plantée.

Il lui enfonça si rudement (ilu'ii la retira toute en sang.

La belle avait encor trois frères.

Trois jours, trois nuits la recherchaient. Personne ne put les renseigner (^)ue la jolie bergère des prés.

— Ah! dis-nous, jolie bergère, Jolie bergère de ces prés, N'as-tu pas vu passer

Une jeune fille avec sou cavalier?

— Suivez le long de ces grands bois, Vous y trouverez son sang coulé, Vous y trouverez son sang coulé, Son cœur ouvert comme un laurier.

— Que Dieu te garde, jolie bergère, Jolie bergère de ces prés.

Ils embrassèrent leur pauvre sœur Et l'arrosèrent de leurs pleurs.

— Adieu, chère sueur, (adieu) chère Pour un amant qui t'a chérie, [Sophie!

Pour un amant qui t'a chérie,

T'a fait mourir de jalousie.

Chans. de 1909, Mile Terrier, Montignez.

D. L'Amant cruel

(Même mélodie)

Un jour me vint à la pensée D'y aller faire mourir ma mie'), De l'aller faire mourir bien loin Pour que personne n'en sache rien.

Entre onze heures et la minuit Par la fenêtre de ma mie, Entre onze heures et la minuit, Je fis sortir ma mie du lit.

— Ah! levez-vous, jolie maîtresse.

Ah! levez-vous ma mie, mon cœur.

Mettez le plus beau de vos habits, Nous irons voir de nos amis.

La belle se leva promptement Sur son cheval il la monta, En lui disant: Tenez-vous bon, Nous allons jouer de l'éperon.

Ils traversèrent ces prairies, Ils traversèrent ces grands bois.

Quand il furent au milieu [de lu furélj, Le cheval prit son arrêt

fi.

— Arrêtez-vous, jolie maîtresse, Arrêtez-vous, ma mie, mon cœur, Car c'est ici qu'il faut mourir; Nous sommes fort loin de nos amis.

La belle se jeta à ses genoux.

Les mains jointes, les larmes aux yeux En lui disant: — Tu as grand kirt De me donner le coup de la mort

L"ainant tira son épée claire.

Dans son beau cœur 11 l'enfon(;a; Il l'enfonça si brusquement Qu'il la retira toute eu sang.

La belle n"iivait que trois chers frères 2) ; Trois jours, trois nuits l'ont recherchée. Personne ne put les renseigner.

Si ce n'est la bergère des pi'és

— Que Dieu te garde, jolie bergère, Que Dieu te garde, bergère des prés.

Ici n'as-tu pas vu passer Une jeune fille à marier?

— Suivez le long de ces prairies, Suivez le long de ces grands bois.

Vous y trouverez son sang coulé.

Son cœur ouvert comme un laurier.

Le plus jeune de ses trois chers frères La regarda si tristement; En embrassant sa pauvre sœur, Il l'arrosa de toutes ses pleurs.

Chans. de 1908, Mlle Berthe Cortat, Châtillon; de 1906, Mlle Marie Périat, Aile, et de 1912, Mlle Cécile Jolidon, de St-Brais, à Porrentruy.

') Var: Un jour il me vient à l'idée

De faire mourir ma bien-aimée.

') Var: Sophie avait encor trois frères.

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