SCENE III
LR [MARQUIS, ALBERT.
ALBERT. Allons, soycz franc, marquis, vous cherchiez à m'éviter.
LE MARQUIS. Moi, par discrétion, prince...
LES ClIAr^TEUUS AMBULAiMS.
depuis un an tout le monde vous croit en France , el je vous rencontre dans celte petite ville, à pied, sans suite j'ai supposé
que votre Altesse désirait garder l'incognito.
ALBERT. Vous avez deviné cela... Peste!
vous ne mantiuez pas de pénéi ration.
LE MARQUIS. Je m'en flatte... je dois en avoir... je suis un homme d'état... Donc, il s'agit d'un secret.
ALBERT. Oui... d'un grand secret... mais à vous, qui avez été mon gouverneur, je puis, sans danger, parler d'un amour que tout le monde ignore.
LE MARQUIS. Vous étcs amoureux?... et à l'insu de votre père !... Ah ! prince, est-ce là le fruit de mes leçons? Avez-vous donc oublié qu'à la cour on ne peut disposer de son cœur sans la permission du grand-duc?
ALBERT. Je connais sa sévérité je me
rappelle la persécution qu'il a jadis exercée contre son frère, le prince Léopold, pour le punir d'un mariage secret. . . mais mon amour est plus fort que la crainte du courroux de mon père.
LE MARQUIS. C'est donc une passion?
ALBERT. Vous l'avez dit : j'aime, et depuis longtemps, une jeune fille modeste, naïve, qui par ses vertus et sa beauté mérite de porter une couronne.
LE MARQUIS. Unevertu de cet acabit-là!... c'est bien fort... surtout dans le duché qui en produit si peu.... Que de stratagèmes elle a dû employer pour vous fixer!
ALBERT. Ah ! le plus puissant de tous , la franchise... oui, heureuse de l'amour que je lui inspirais, et ne voyant en moi qu'un simple officier, car j'ai pris soin de lui cacher mon rang, elle m'avoua avec une can deur adorable ([ue son cœur répondait au mien.
LE MARQUIS. Fort bien , je vois la suite.
Ain : Depuis lonytemps j'aimais Adèle.
Pardonnez-moi si je hasarde Un tel soupçon... la belle vous céda...