‹ Les chanteurs ambulants: comedie-vaudeville en trois actesChapitre 3 sur 13 · ALBERT · texte numérisé non relu

ALBERT

Une simple fleur que je garde , C'est tout ce qu'elle m'accorda.

LE MARQUIS

C'est un calcul fort adroit, je le jurt-.

Tant de semé, tant de produit.

J'en répondrais, l'innocente était siire Que la fleur porterait son fruit.

Carchaquefleur, oui, chaquefleur porte toujours son fruit.

Aussi, mon noble élève, vous renoncerez à cette obscure conquête.

ALBERT, à part. Obscure... moins qu'il ne le pense. (Haut.) Non , marquis , je n'y renoncerai pas.... Forcé de m'éloigner de celle que j'aime... quand mon père m'ordonna de voyager en France , c'est pour la revoir ([ue je viens secrètenienl dans ce pa\ s.

tandis que mes équipages et ma suite continuent leur chemin du côté de la résidence... Déjà j'ai envoyé une personne de confiance la prévenir de mon retour. . le village qu'eIKî habite n'est qu'à deux lieues d'ici ... Bientôt je serai auprès d'elle... Quel bonheur! après un an d'absence !

LE MARQUIS. Il y a uu an que vous l'avez quittée ?. . . Gela me rassure pour vous. ... sa fidélité se sera lassée d'une aussi longue attente... je connais les femmes !

ALBERT. Vous voyez de la perfidie partout.

LE MARQUIS. Je suis diplomate.

ALBERT. Serait-ce en cette qualité que je vous rencontre ici et dans cet accoutrement. . . modeste?

LE MARQUIS. Ridicule, dites le mot... Oui, prince, voici un mois que je voyage ain>i.... Qui dirait en me voyant que c'est là le su perbe marquis de Montefiero?... je suis affreux!... je ne me reconnais pas!

ALBEiiT. Ce déguisement... ce mystère...

mon cher gouverneur, il y a sous jeu quelque intrigue.... amoureuse, peut être?

LE MARQUIS , se récriant. Ah ! par exemple !

PASTAFROLLE, S approchant mystérieusement du Marquis, Monseigneur !

ALBERT. Quel est cet homme?

LE MARQUIS. C'est Pastafrolle, mon secrétaire intime... sa discrétion égale sa laideur. PASTAFROLLE, au Marquts. Elle est ici... LE MARQUIS. Vcux-tu te taire !

ALBERT, riant. Ah! elle est ici.... vous voyez donc bien qu'il s'agissait d'une femme. . . Allons , marquis , soyez heureux dans vos amours... je vous laisse à vos afTaires, et je vais aux miennes... Bonne chance î ENSEMBLE.

Aiu Je Giselle.

.te vais la voir après un an d'absence, Ce doux moment nous rendra nos beau.x jours. Mon cœur épris compte sur sa constance, Elle a juré d'éternelles amours.

LE MARQUIS, à part.

Se ris vraiment de son extravagance :

Quand la vertu succombe tous les jours, Après un an il veut de la constance , Il croit encore aux fidèles amours.

PASTAFROLLE, O part.

Pour nos projets j'entrevois bonne chance , Un sort heureux nous sourit en ce jour. Si le destin comble notre espérance , Que de profits je moissonne à mon tour 1

Albert suri.

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