Virgopriusacposterius, Gabrielis. . . . fleuri
8. Ab ore sumens illud ave, peccatorum miserere. simple. Ce chant de XAlma Redemptoris est en t>]8, avec ou sans
RESTITUTION - DES CHANTS. 51
les fioritures. Gomme à l’état simple, c’est-à-dire dans les parties numérotées 2, 4, 6 et 8 la mesure était en 6|8, il fallait bien qu’elle fut maintenue après l’addition des mélismes. Dans les morceaux entièrement fleuris, on n’aperçoit le changement de mesure, quand il existe, qu’après avoir rétabli la mélodie simple conformément à la prosodie. Ici l’introduction des mélismes a quelquefois altéré la valeur des notes théinasiques; le lecteur s’en apercevra; la lecture n’offre aucune difficulté.
L’élimination des fioritures peut se faire sur la plupart des morceaux du groupe que nous étudions en ce moment. A vrai dire, quelques-uns, surtout parmi les alléluias, se réduisent à quelques notes thématiques après ce retranchement; mais qu’importe? Cela prouve seulement que ces alléluias ont été composés dans un temps ou sous une influence où le mélisme était prédominant*. Le résidu que l’on obtient par ce travail d’analyse est précisément une antienne et cette antienne est souvent beaucoup plus belle, plus noble, plus expressive et plus musicale que le chant fleuri d’où nous l’extrayons. On est donc en droit de soupçonner que les morceaux du second groupe ont été des antiennes avant d’ètre des traits, des répons, des offertoires, et que l’adaptation aux offices s’est faite par le moyen des mélismes. Cela n’aurait rien de surprenant, quand nous voyons un Mozart faire des variations sur l’air Ah ! vous dirai-je, maman .
Ce soupçon devient une probabilité en présence des mor-
* Le moine de Saint-Gall, Notker, au ix e siècle, a beaucoup travaillé sur les neumes alléluiatiques ou séquences, mixls pour en faire des chants nouveaux, qui devinrent des proses.
ceaux composés à la façon de VAlma Redemptoris , c’est-àdire avec line alternance de phrases simples, presque syllabiques, et de phrases fleuries, morceaux nombreux où l’analyse fait reparaître Pair simple formant une suite et une unité avec les phrases non fleuries conservées intactes. On en trouvera ici plusieurs exemples.
Enfin la probabilité devient une certitude, au moins pour certains morceaux ayant fait partie d’un ensemble. Ainsi le Cantique des cantiques a fourni les morceaux suivants :
Ch. i, 2 : un trait à l’office des Vierges non Martyres,
Ch. i, 2 et 3 : une communion au Saint-Nom de Marie,
Ch. i, 3 : un trait aux Vierges non Martyres,
Ch. i, 12 : un graduel à la messe de la sainte Vierge,
Ch. il, 10 : un graduel à l’Assomption,
Gb. ni, 4 : une communion à sainte Marie-Madeleine,
Cli. ni, 11 : un introït h la Couronne d’épines,
Ch. iv, 8 : la fin du graduel de l’Assomption,
Cli. v, 6 : un offertoire à sainte Marie-Madeleine,
Ch. v, 8 : un alléluia à sainte Marie-Madeleine,
Ch. vi, 3 : u w graduel à la Présentation de la sainte Vierge, a d, une antienne aux Vierges non Martyres,
« d un alléluia avec les mômes paroles, dans ce môme office,
Ch. vin, 3 : la fin du graduel de la sainte Vierge,
Ch. vin, 6 : un répons à sainte Marie-Madeleine.
Cela fait quatorze ou quinze morceaux, que la suppression des fioritures ramène à l’état d’antiennes et lait rentrer dans
HEsTITUTION DES CXIAXTS.
l’ensemble du Cantique des cantiques, œuvre de musique simple et nullement mélismatique. Si de pareils emprunts ont été faits au Cantique pour les offices des Vierges et des Saintes Femmes, il est peu probable que ce procédé ait été contenu dans de si étroites limites. Nous sommes donc en droit de généraliser et de dire que beaucoup de chants fleuris ont existé d’abord à l’état de musique simple et que les antiennes sont le type vrai et original de la musique dans les églises latines. L’histoire nous prouvera qu’il en a été ainsi et que la musique mélismatique, venue après la musique simple, lui a emprunté ses motifs.
Voici, en lignes parallèles et ramenés à l’unité de ton, trois morceaux qn’on peut comparer mesure par mesure. Ce sont l’antienne v* du Samedi saint à Laudes, le répons V du Samedi saint à Matines, le répons iv' du ^ endredi saint au troisième Nocturne. On les trouvera dans l’antiphonaire de M. LccofTrc aux pages 268, 262 et 246. L’antienne donne le chant primitif et simple ; les deux répons montrent les additions et les altérations faites à celte antienne pour la transformer en chants fleuris. Le répons ix e présente d’abord le verset, qui va jusqu’à videte
Ant.
Rép V.
Rôp. IX.
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