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Tu- am. In æ-ter- nura.
Le premier est la diaptose, le second est la pêriêlèse , dont on a parlé ci-dessus. Elles ont un rôle particulier et ne font réellement point partie du chant ; pour exécuter celui-ci selon les règles de la musique, il faut les retrancher et les considérer comme non-avenues. Elles viennent uniquement de la distribution des parties du chant entre celui qui feutonne et le chœur, ou entre les chantres et le chœur. Ce sont des finales surajoutées.
Il n'en est pas de même des mélismes vrais, qui sont répandus, quelquefois à profusion, dans les morceaux de plain-chant autres que les antiennes. 11 existe même quelques antiennes fleuries ; en voici des exemples : Lauda et lætare , ant. de l’Annonciation ; Jésus ante sex dies , Ave, rex noster, Turbæ quæ præcedebant , ant. des Rameaux; O quam suavis est et les autres stations du Saint-Sacrement*. Au point de vue de la composition, ces antiennes fleuries forment le passage entre l’antienne vraie, dont le style est simple, et les autres espèces du plain-chant.
Pour se rendre compte de la différence entre les antiennes vraies et les morceaux de musique fleurie, on peut comparer le O quam suavis est ci-dessus avec l’antienne de la Pentecôte O quam bonus et suavis est, dont le dernier membre est pourtant mélismatique. On peut comparer aussi l’antienne m c
* Ce morceau e6t d’un Btyle un peu moderne; il est gracieux, mais bien inférieur à l’antienne de la Pentecôte. On sait que l’office du Saint- Sacrement est de saint Thomas d’Aquin, mais non, sans doute, la musique.
RESTITUTION DES CHANTS
de vêpres el l’alleluia de l’Ascension : les paroles sont les mêmes: qui descendit ipse est; mais le style est différent, simple dans l’antienne, fleuri dans l’alleluia. Voyez aussi l’antienne ix° au 3 e nocturne du samedi saint, Factus sum sicuthomo, et les mêmes paroles dans le répons Æstimatus sum, du même jour. Des exemples de ce contraste pourraient être produits en grand nombre. Ils feraient ressortir ce fait essentiel que tous les morceaux de musique fleurie sont formés de deux éléments : 1° un chant simple pareil à celui des antiennes; 2* des mélismes intercales entre les notes de ce chant.
On peut, par l’analyse, détacher ces fioritures, d’autant plus facilement qu’elles sont toujours les mêmes, et rendre le chant à sa simplicité native. C’est ainsi qu’on peut retrouver un air entre les variations dont un musicien l’a chargé ; un instrumentiste habile sait, par son jeu, faire sentir un thème en exécutant une variation. Si les morceaux de plain-chant fleuri étaient écrits convenablement et exécutés comme des airs variés, le même résultat serait obtenu. Mais pour réaliser cette écriture, on devra d’abord soumettre le morceau à l’analyse, en reconnaître les mélismes, le chant fondamental, le rythme, la mesure et le mouvement. Ces éléments sont donnés par la méthode exposée ci-dessus. Il faut seulement observer que les notes composant les mélismes sont des notes de mesure et non des notes d’agrément. Voyez, par exemple, ci-après, l’introït Inundaverunt aquæ.
Comme spécimen, on peut analyser un chant assez moderne et très connu, qui se dit le dimanche à complies. C’est le chant Alma Redemptoris mater. Il est composé de
six vers hexamètres; mais la mesure de ces vers disparaît totalement. En outre, il est donné comme une antienne; ce n’en est pas une ; c’est une sorte de cantique en majeur, dont le caractère n’a rien d’antique. Si nous le proposons pour sujet d’analyse, c’est qu’il présente à nu les procédés suivis dans la composition des chants mélismatiques. Il y a en effet des ait s très courts, tels que les alléluias qui, d’ordinaire, sont fleuris d’un bouta l’autre. Mais souvent, quand un morceau est de plus longue haleine, il se compose de phrases alternativement simples et fleuries. Celui-ci présente cette combinaison alternante ; elle lui a été appliquée sans aucune prétention à l’habileté et par une simple juxtaposition. En outre, avec ou sans les mélismes, le mouvement de la musique n’y répond pas à la métrique des vers; ceux-ci se trouvent coupés avec peu de bonheur, par les phrases musicales après mânes, cadenti, mirante. Enfin la distribution des mélismes produit dans les paroles des coupures bizarres. En somme, le morceau est assez mauvais ; mais peut-être n’en est-il que plus instructif. En voici la
marche :