‹ Les chants de l'Église latineChapitre 5 sur 78 · lu - mi - na · texte numérisé non relu

lu - mi - na

Dans oculos, o est bref et porte l’accent; il a une valeur moyenne entre la brève et la longue ; entre autre il est sous l’influence du temps fort, na; — u est très bref comme lctlre

de liaison ; — os est long dans les vers, mais il est abrégé dans le langage par l’influence de la syllabe accentuée, et parce qu’il est, immédiatement et sans respiration, suivi de meos, dans lequel e porte l’accent. Dans meos , me étant accentué répond, quoique bref, à un temps fort, mais évidemment à un temps moins fortement marqué que lu dans illumina. Ainsi les trois premiers mots s’écriront nécessairement ainsi :

Il - lu - mi - na o- cu-los me- os,

Dans le seconde partie de l’antienne, les deux syllabes dor et mor ont une valeur prépondérante, qui marque deux temps forts, deux commencements de mesure; nous mettrons une barre de mesure avant ces deux syllabes ; — au contraire mi , représenté par une losange, est très bref et marque la lin d’une mesure. Nous aurons donc, au milieu de la phrase, le groupe dor-mi-am. A la lin, mor sera également précédé d’une barre de mesure ; de sorte que am et in devront former la mesure précédente. — Il ne reste plus à rendre que les quatre syllabes ne unquam ob; on pourrait faire ob très bref et allonger d’autant la note de quam; mais quam est bref et ne porte pas l’accent. On est donc conduit à représenter les quatre syllabes par quatre notes égales et de longueur moyenne, de manière à les comprendre dans une même mesure. On obtient en définitive un petit morceau de chant composé de deux phrases suivies et conjointes, formant un tout complet et parfaitement musical; ce chant est rythmé, mesuré et irréprochable quant à la prosodie. De plus il est d’un grand effet moral et approprié à la circonstance ; car on le chante pour un mort, au pre-

' RESTITUTION DES CHANTS

mier nocturne, c’est-à-dire à la nuit close, avant l’heure du sommeil : « Illumine mes yeux, qu’il ne m’arrive pas de m’endormir dans la mort. »

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