‹ Les chants de la montagneChapitre 14 sur 60 · REGARD D'ETOILE · texte numérisé non relu

REGARD D'ETOILE

A travers ma vitre brumeuse Scintille un long regard des cieux ; C'est dans la nuit mystérieuse Une étoile au front radieux.

Que veux-tu, lumière éthérée D'un astre inconnu de la nuit, Qui viens du céleste empyrée Tomber au fond de mon réduit?

s* LES CHANTS DE LA MONTAGNE*

Quoi ! tu t'égares sur la terre , Tu me cherches comme un ami , Tu portes, rayon solitaire, Le doux salut de ITnfini !

Mon âme, sois fîère et rêveuse Comme un archange au fond des cieux ; Plus triste et pourtant plus heureuse.

Monte, monte à TEther joyeux!

Qu'importent les chaînes du monde Quand s'ouvre l'abîme du ciel ?

Tu vas planer une seconde Dans la sphère de l'Eternel.

Etoile! il te faut des années Pour pouvoir luire jusqu'à moi, Mais l'ardent essor des pensées En un instant remonte à toi.

Peut-être lorsque ta lumière De ton brillant foyer partit,

Etre d'un jour, de la poussière N'étais-je pas encor sorti.

£c maintenant que je Tadmire, Ce soleil flamboyant et pur, Peut-être a-t-il cessé de luire Dans le silence de l'azur !

Pendant que parmi tant de mondes Ta loi te guide jour par jour Et qu'avec tes rayons tu sondes Les gouffres béants à Tentour ;

Etoile qui brûle au grand dôme, Sais-tu qu'en l'abîme sans fond Souffre dans la nuit un atome Qui pense à Dieu sous ton rayon?

Page 1