SUR UNE FENÊTRE GOTHIQUE
O sombre fenêtre gothique Où j'ai travaillé si souvent, Que ton cadre mélancolique Est beau sous ton lierre mouvant !
Dans ton ogive chaste et digne Passent de blanches visions, Le vent qui souffle dans ta vigne Apaise en moi les passions.
Si notre vie est orageuse, S'il, n'est jamais temps de s'asseoir, Ici du moins Tâme est heureuse Et respire la paix du soir.
Que ne puis-je ardent et tranquille Braver ici l'hiver, Tété; Mais je te quitte, obscur asile Où j'ai vécu, souffert, chanté.
C'est l'heure de silence et d'ombre Où l'amour dans Pâme descend.
Déjà les étoiles sans nombre Percent le treillis verdoyant.
O fleurs, ô ciel, ô solitude, O jardin sauvage et charmant, Humble horizon de quiétude Vous souriez plus tristement !
Adieu. Je voudrais dans la pierre Laisser un charme pour trésor.
Afin qu'un autre solitaire Retrouve ici la paix des forts.