EN MARCHE
J'aime les hauteurs indomptées,
Je hais les villes empestées
Où meurt le souffle des grands bois.
Où l'orgueilleuse Hypocrisie
Chassant la Franchise et la Vie , .
Commande aux^peuples comme aux rois.
Mais où s'agite un cœur qui vibre, Où germe et gronde une âme libre, Où l'Homme veut s'épanouir, Reflue en moi la soif de vie,
Dans un éclair de sympathie Je sens la force de souffrir !
J*ai bu le flot de plus d'un fleuve,
Ma lèvre en vain brûle et s'abreuve,
La tête en feu je vais toujours;
Et la montagne qui fermente,
La voix de la forêt vivante
Me berce en mes sombres amours.
Parfois dans l'ombre je m'affaisse Et je me dis dans ma tristesse :
Pourquoi poursuivre ton chemin?
Tu n'as point d'amis, point de frères ' Ni dans les gorges solitaires Ni dans le grand désert humain.
Mais une voix qui me fascine,
La voix profonde en ma poitrine
Me répond : Cherche, cherche encor!
Et je reprends ma course ardente
Des cités à la voix stridente
Aux monts perdus, aux vallons d'or.