‹ Les chants de la montagneChapitre 18 sur 60 · EN MARCHE · texte numérisé non relu

EN MARCHE

J'aime les hauteurs indomptées,

Je hais les villes empestées

Où meurt le souffle des grands bois.

Où l'orgueilleuse Hypocrisie

Chassant la Franchise et la Vie , .

Commande aux^peuples comme aux rois.

Mais où s'agite un cœur qui vibre, Où germe et gronde une âme libre, Où l'Homme veut s'épanouir, Reflue en moi la soif de vie,

Dans un éclair de sympathie Je sens la force de souffrir !

J*ai bu le flot de plus d'un fleuve,

Ma lèvre en vain brûle et s'abreuve,

La tête en feu je vais toujours;

Et la montagne qui fermente,

La voix de la forêt vivante

Me berce en mes sombres amours.

Parfois dans l'ombre je m'affaisse Et je me dis dans ma tristesse :

Pourquoi poursuivre ton chemin?

Tu n'as point d'amis, point de frères ' Ni dans les gorges solitaires Ni dans le grand désert humain.

Mais une voix qui me fascine,

La voix profonde en ma poitrine

Me répond : Cherche, cherche encor!

Et je reprends ma course ardente

Des cités à la voix stridente

Aux monts perdus, aux vallons d'or.

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