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SILENCE

Nous marchions lentement entre l'ombre des haies. Les vents dormaient captifs dans les sombres chênaies, Et son bras sur le mien s'appuyait doucement; Par moments ses regards se tournaient vaguement^ Son âme, dans ses yeux, semblait briller sans voiles, Pourtant je me taisais ; et les pâles étoiles Perçaient le firmament.

ii8 LES CHANTS DE LA MONTAGNE.

Sous les vapeurs des prés susurraienc les cigales, L'aubépine à nos pieds effeuillait ses pétales, Sa bouche souriait à tout divinement, Dans ses cheveux courait un doux frémissement. Le monde, autour de nous, se couvrait de ses voiles, Dans le ciel plus foncé, plus vives les étoiles Brillaient au firmament ,

Et nous marchions ainsi dans un profond silence. Et cependant nos cœurs^ qui battaient en cadence. S'entendaient, s'étreignaient à chaque battement. Enivrés en plein ciel nous plongions ardemment, De ces mondes d'amour arrachant tous les voiles. Faisant tinter l'azur et chanter les étoiles Au fond du firmament I

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