‹ Les chants de la montagneChapitre 33 sur 60 · ORAGE · texte numérisé non relu

ORAGE

Là-bas, là-bas se lève un noir nuage

Sur la croupe des moncs, L'éclair jaillit ec dans la nuit sauvage

Déchaîne cent démons.

Là-bas, là-bas, derrière ces campagnes

.Au sinistre contour, Mon cœur sMlance et franchit les montagnes^

Et rejoint son amour^

Il te rejoint, ô vierge au coeur de flamme,

Au sourire vainqueur, Qui) d'un regard, as enchaîné mon âme.

Superbe vierge en fleur !

Tu dors sans doute insouciante et fiére

Sous le chalet des bois.

Rieuse enfant, donc Tâme printanière

S^éveillait à ma voix.

Oh ! si là-bas, dans la gorge sauvage,

Sous les sapins géants.

Nous marchions seuls au fracas de l'orage

Près àQs gouffres béants ;

Quels doux frissons sous ces éclairs splendides,

Quels regards enivrants, Oh ! quels aveux palpitants et rapides,

Quels baisers délirants!

Ton amie alors frissonnante et jo/eusé

De jeune volupté, S'entr'ouvrirait à ma voix orageuse

Dans coûte sa beauté !

PAR MONTS ET PAR VAUX. lai

Mais loin de coi je languis de tristesse

Sans retrouver ma paix, Mon cœur t'a dit adieu dans sa détresse,

Oui adieu pour jamais !

Ah ! roule donc, éclate sombre orage,

' Débordez fiers torrents, Roule à plein ciel ta musique sauvage , Orage de printemps !

Dans cette nuit mugis, chante sans trêve,

Le chant des passions.

Passe près d'elle et jette dans son rêve

D'ardentes visions ;

Dis à son cœur, dans ta langue divine,

Le fond de ma douleur^ Verse en passant, dans sa douce poitrine.

L'orage de mon cœur!

NUIT D*ÉTË

La nuit d'été, nuit amoureuse^ Couvre les jardins embaumés, Au loin, la cascade rieuse Babille et les vents sont charmés.

Déjà tout sommeille dans l'ombre, Le cygne sur son lac s'endort, Mais, dans un bosquet frais ec sombre, Rossignol cause et chante encore

Ainsi, dans mon âme endormie Chante mon amour d'autrefois, * Je reconnais sa mélodie £t je ne sais d'où vient sa voix.

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