MUSIQUE INTÉRIEURE
Quel repos dans les champs attiédis par la nuit ! Sur les pâles chemins pèse la solitude^ Et sur les prés descend la vaste quiétude Des airs, où quelquefois un éclair bleu reluit. Les oiseaux sont muets dans Fépaisse feuillée, Les ruisseaux, endormis au fond de la vallée, Ne poussent plus au loin que de faibles soupirs Vers le ciel scintillant d'un millier de saphirs ;
Et le vent parfumé, s'il souffle une seconde,
Meurt amoureusement sans oser murmurer.
Pas une herbe ne bouge, et dans la nuit profonde.
Immobile, j'entends chaque fleur respirer :
La terre pend au ciel comme une lyre immense
Qui se repose après un chant mélodieux
Et vibre doucement au milieu du silence.
Mais dans le cœur de l'homme un autre chant commence.
Il jaillit, écoutez!... Il monte vers les cieux,
Le chant sacré du cœur qui parle avec les dieux.