NOCTURNE
Laisse plonger, Enchanteresse!
Dans ma tristesse
Tes yeux si beaux, Tes yeux brillants de vague ivresse,
Vivants flambeaux !
Je suis pareil au vallon sombre
Noyé dans l'ombre
Et qui n'attend, Pour s'allumer de feux sans nombre,
Que l'astre ardent.
ijo LES CHANTS DE LA MONTAGNE.
Un seul regard, femme dormante,
Ame brûlante,
De ton foyer...
Et la mienne en la nuit brillante
Va flamboyer !
Laisse la fouk tfù bourdonne
Et qui s'étonoe
De ta beauté; Viens, que la nuit nous environne,
La nuit d'été.
Dis un seul mot, et je t'entraîne Loin dans la plaine.
Et nous irons,
D'un vol frémissant de phalène, Par les gazons.
C'est l'heure où la fleur embaumée Tombe pâmée Des grands tilleuls;
Ensevelis sous la ramée.
Nous serons seuls.
PAR MONTS ET PAR VAUX. iii
Dans ces cheveux, sur tes épaules,
Les lucioles
Resplendiront, De lèvre à lèvre cent paroles
Se presseront.
Alors, comme la belle aurore
D'un météore
Qui monte aux cieux.
Je pourrai voir ton âme éclore
Grande en tes yeux.
La mienne aussi viendra reluire
Comme en délire
A cet appel.
Pour se connaître et te sourire
Sous le grand ciel^i
Si nous devions sous leur lumière^
Leur flamme entière,
Nous embraser, Alors — épuisons leur mystère
Dans un baiser I