‹ Les chants de la montagneChapitre 36 sur 60 · NOCTURNE · texte numérisé non relu

NOCTURNE

Laisse plonger, Enchanteresse!

Dans ma tristesse

Tes yeux si beaux, Tes yeux brillants de vague ivresse,

Vivants flambeaux !

Je suis pareil au vallon sombre

Noyé dans l'ombre

Et qui n'attend, Pour s'allumer de feux sans nombre,

Que l'astre ardent.

ijo LES CHANTS DE LA MONTAGNE.

Un seul regard, femme dormante,

Ame brûlante,

De ton foyer...

Et la mienne en la nuit brillante

Va flamboyer !

Laisse la fouk tfù bourdonne

Et qui s'étonoe

De ta beauté; Viens, que la nuit nous environne,

La nuit d'été.

Dis un seul mot, et je t'entraîne Loin dans la plaine.

Et nous irons,

D'un vol frémissant de phalène, Par les gazons.

C'est l'heure où la fleur embaumée Tombe pâmée Des grands tilleuls;

Ensevelis sous la ramée.

Nous serons seuls.

PAR MONTS ET PAR VAUX. iii

Dans ces cheveux, sur tes épaules,

Les lucioles

Resplendiront, De lèvre à lèvre cent paroles

Se presseront.

Alors, comme la belle aurore

D'un météore

Qui monte aux cieux.

Je pourrai voir ton âme éclore

Grande en tes yeux.

La mienne aussi viendra reluire

Comme en délire

A cet appel.

Pour se connaître et te sourire

Sous le grand ciel^i

Si nous devions sous leur lumière^

Leur flamme entière,

Nous embraser, Alors — épuisons leur mystère

Dans un baiser I

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