VESPER
Douce écaic la soirée, Divine était la nuit, Alors qu'à la vesprée Tu m'enlaçais sans bruit.
Comme un torrent de lave M'inondait ton baiser, Pour venir, flot suave.
Dans mon cœur s'apaiser.
O lumière infinie Du firmament en fleur !
Flambeau sacré de vie, Amour qui brûle au cœur !
Dans ces instants sublimes^ Où Ton pressent la mort, Où dans l'autre on s'abîme Heureux et sans efibrt;
Témoin de nos sourires Dans ce vaste univers, Ami de nos délires Nous t'invoquions, Vesper!...
— Las ! aujourd'hui l'absence Sépare nos douleurs.
Le lourd, TafFreux silence Est tombé sur nos cœurs.
La souffrance est sans borne, Le ciel est sans flambeau; La terre est sombre et morne.
Mon cœur est un tombeau.
Mai»^ par-dessus la brume, Dans fo limpide éther, Flambeau ^espoir s'allume, Notre astre abné, Vesper!..,
Verse tes feux intense* De ton divin séjour, Sur la mer des souflFrances Brille, éternel Amour !
Regarde, ô mon amante, De loin l'astre immortel ; Ton regard, flamme ardente^ Me reviendra du ciel!
Et dans les vents qui passent Nos baisers brûleront, A travers les espaees Nos âmes se fondront !