‹ Les chants de la montagneChapitre 38 sur 60 · EST UIÏ NOUVEAU MONDE · texte numérisé non relu

EST UIÏ NOUVEAU MONDE

Chaque amour esc un nouveau monde Qui n^ avait jamais existé, Un jeune dieu, sortant de l'onde.

Qui surgit à l'immensité.

Il apparaît ; il est le maître.

Les sens s'enivrent de beauté, L'âme jaillit du fond de l'être Et s'engouffre en sa volilpté.

ij(S LES CHANTS DE LA MONTAGNE

.- Mystérieuse, ardente aurore!

La terre à nouveau veut fleurir, Le monde aux amants se colore Du feu caché de leur désir.

Les mains se touchent et frémissent.

Le sang veut mêler ses torrents.

Les yeux se cherchent, s'éblouissent, Et s'écoutent les cœurs vibrants.

Ils entendent la mélodie Des éternelles profondeurs; Ils flottent sur ta mer, ô vie, Ainsi que sur une île en fleurs.

Divins amants ! dans leur délire Ils entrevoient le grand secret, Mais c'est un éclair qui déchire La nuit épaisse — il disparaît.

Car vient le doute et la soufirance.

Le cœur au cœur veut s'enlacer.

Mais tôt ou tard, fantôme immense, Le monde entre eux vient se glisser^

Quels amants ont pu se confondre, Quels amours ont su s'assouvir, Sinon à l'heure où tout s'effondre.

Sinon dans le dernier soupir ?

Chaque amour passe comme Tonde Sur notre sombre immensité.

Et pourtant — c'était tout un monde!

Pourtant, c'était l'Eternité !

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