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LA VIERGE AUX ALPES

O sainte ec pure majesté De cette solitude immense, Linceul des Alpes, grand silence, Vaste sérénité !

Dômes de neige étincelants D'où pendent d'éternels suaires.

Dans vos suprêmes sanctuaires Je marche à pas tremblants.

PAR MONTS ET PAR VAUX. ijp

O loi, dont le cœur est si pur, Reine.de paix et de tendresse, Descends, dans ta douce tristesse, O reine de Tazur !

Traverse ces gouffres si beaux Comme un tranquille monastère, De ton pas de vierge et de mère Ebranle ces tombeaux.

Et comme ton fils, sur les flots, Marche et bénis de loin le monde; Et puis, dans ta douceur profonde.

Ecoute ces sanglots.

Qui des vallons d'ombre noyés, A travers l'espace sans borne, La brume et le silence morne Viennent baigner tes pieds.

Ecoute ce que dit l'enfant Qui couvre de fleurs ton image, Et prie, en voilant son visage.

Pour son père mourant.

Écoute au fond de son réduit Du marin la fille rêveuse, Qui, devant la mer orageuse, Jette un nom dans la nuit.

Ecoute aussi le "pauvre en pleurs Agenouillé sous la madone ; Car pour lui seule tu rayonne, O vierge des douleurs.

Les pics flamboient incandescants ; .

Le ciel s'allume cierge à cierge.

Salut à toi, céleste vierge.

Qui vers ces monts descends !

Résonnez, cors mystérieux.

Du sein des gorges désolées ; Répondez, lointaines vallées.

Echos religieux.

Chantez, oiseaux, au fond des airs ; Cloches, sonnez, la terre prie.

Le ciel s'embrase, c'est Marie Qui passe en ces déserts !

A genoux sous les pics en feu, Fidèles, priez en silence ; Aimez ; ouvrez votre âme immense, A la mère de Dieu !

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