‹ Les chants de la montagneChapitre 5 sur 60 · REMINISCENCE · texte numérisé non relu

REMINISCENCE

Vous voici, tronc noueux, ô tilleuls centenaires, Larges bouquets ombreux j

Vous balancez toujours vos têtes solitaires Près du chemin poudreux.

Fol ec joyeux enfant, j'ai joué plus d'une heure

Sous votre sombre abri, J'apportais mes jouets de la blanche demeure

Au grand jardin fleuri.

EN PLAINE. as

Un enfant étranger, têce rieuse et blonde^

Y jouait avec moi ; Et le coin du jardin était tout notre monde ,

Mais j'en étais le roi.

Ma mère alors chantait le soir à la fenêtre,

Sa voix venait vers nous, Et je ne sais pourquoi jusqu'au fond de mon être

Passait ce chant si doux.

Bel enfant étranger, ô doux chant, ô ma mère,

Qu'êtes- vous devenus?

La maison est déserte et le parc solitaire,

Je ne vous entends plusl

Le vent berce toujours les branches parfumées

Du sombre et grand tilleul ; 11 rêve son vieux rêve — et les rudes années

N'ont changé que moi seul.

Régnes-tu dans ces lieux, bel ange de l'enfance?

Oh ! sois le bienvenu !

Mais au bruit de mes pas il s'efface en silence

Devant un inconnu. .

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