‹ Les chants de la montagneChapitre 53 sur 60 · POEMES · texte numérisé non relu

POEMES

Sur râpre horreur des hautes ciniet J*ai cherché Tazur étoile.

11 m*a fut ; mais sur les «faimes»

De puissants Esprits ni*ont parlé.

Quand un soleil divin inondait l'Hellénie, Quand les teraples miraient dans les mers d'Iotiie Leurs fronts blancs couronnas de marbres radieux j Au souffle du printemps, des cicés aux campagnes, Volait ce grand appel : < Allons vers les montagnes ! Allons voir revenir les dieux ! >

Et les vierges, mâlant le narcisse à leurs tresses, Disaient : < Chantons, chantons les deux grandes déesses!

O fille de Cérès, de ton sombre séjour, Reviens parmi nos chœurs sur les molles prairies^ Vierge aux yeux rayonnants, rendre aux âmes flétries La fleur d'espérance ec d'amour! §

L'athléce, secouant sa poussière héroïque, S'écriait : c Laissons là la carrière olympique, Des cygnes ont frémi dans Pazur triomphant.

Au dieu qui ramena les Muses sur la terre.

Au dieu de l'Harmonie, au dieu de la Lumière, Portons nos palmes et nos chants ! »

Et le sage disait : f Debout, ô néophantes Des mystères sacrés; brûlez, âmes croyantes!

Lutter, souflPrir est grand, s'oublier est plus doux. Aujourd'hui va s'ouvrir la nature profonde, Oubliez vos douleurs dans la beauté du monde Qui va se dévoiler à vous.

f Allons boire à la source où l'univers s'inspire, La suprême sagesse est le sacré délire Qui joint l'homme éphémère aux Immortels joyeux. Quand le Thyrse fleurit, quand la vigne ruisselle.

La nature conçoit, l'âme se renouvelle, Et l'esprit divin voit les dieux! •

be pampres couronnés, de roses, d'hyacinthes. Les inspirés vaguaient par les verts labyrinthes. Des bosquets parfumés, des vallons enchanteurs. Et les nymphes, tissant sous les grottes ombreuses. Murmuraient dans le vent des cascades rieuses : f Venez danser avec vos sœurs. 1

f — Nous venons! répondaient les femmes souriantes. — Nous venons! jubilaient les hardis néophantes, Grand Pan, nous enivrer de la sév.e des monts. Quand le plaisir déborde et la douleur nous perce. Ton souf&e prophétique en grondant nous traverse. Nous porte aux dieux que nous aimons! 1

Alors, dans la splendeur des gorges montagneuses, La danse déroulait ses ondes orageuses Sur la vaste clairière en cercles grandissants. Et la flûte phrygienne et les sourdes cymbales, Faisaient tourbillonner, au gré de leurs rafales, Les sveltes corps d'adolescents.

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ajo LES CHANTS DE LA MONTAGNE.

Se dressant au milieu des rondes ondoyances, Flottaient, bras étendus, les rêveuses Bacchantes, Comme au chaud Zéphyros, sur une mer de fleurs Se bercent de bonheur les roses rougissantes. Mêlant leur âme au monde en effluves ardentes, Versant la volupté des pleurs.

Elles chantaient : i Mêlons les larmes à Tivresse, La fleur meurt de désir et Toiseau de tendresse. Le fleuve dans la mer, Torage dans les cieux. Tout meurt et tout renaît sur le sein de Cybèle. Sentez-vous le torrent de la vie immortelle.

Entendez-vous la voix des dieux?

f Plongeons-y! Les Titans ont mugi dans Tabîme Et dans Pantique nuit, Erôs, pâle et sublime. Secouant son flambeau, s'élance du chaos.

Ah ! le feu créateur circule d'être en être ! Et toi, dans ta montagne, enfin vas-tu renaître. Terrible et doux Dionysos? •

A ces appels sacrés, à ces danses magiques.

Des monts retentissants s^ouvrent les flancs antiques.

VERS LES CIMES. s|i

Et le divin Bacchus, splendide et glorieux, Apparaît; — dans le vent roule sa chevelure, Comme le chant d'Orphée agite la nature, Ses yeux embrasent tous les yeux.

Fier comme le Désir, beau comme la Lumière, Il s'écrie : • Evohé! sur l'Olympe et la terre, Évohé ! )e dormais dans Pàpre profondeur.

Mais voici, je reviens; les forêts reverdies Se renvoient de mes chœurs les saintes mélodies; Car je suis le grand Eveilleur.

I Frissonnez! Car je sors de Tinsondable abtme Qui vous a tous couvés dans son sommeil sublime. J'enfante et je détruis dans mon rêve inspiré. De la nuit où la Mort vient embrasser la Vie, Je jaillis tout à coup. Jeunesse inassouvie.

Je sors. Enthousiasme sacré !

f Chantez, déchaînez-vous dans les vertes clairières Mon Thyrse fécondant est la clef des mystères. Oui, qui meurt avec moi renaît avec les dieux. Je fais naître à mon gré, quand le Princïcmps m'inspire, Des hommes de mes pleurs, des dieux de mon sourire, Évohé ! de la terre aux cieux ! i

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