‹ Les chants de la vie ardenteChapitre 125 sur 140 · LA RUPTURE · texte numérisé non relu

LA RUPTURE

Fuis-moi, chèrQ beauté, fuis ! Car je ne puis être L'amant que cherche en vain ton espoir ingénu, Je ne suis pas à toi, l'amour n'est pas mon maître, Ne me fais point le tien : tu ne m'as pas connu ! Une mortelle horreur est en moi qui me hante. Qui me blanchit la face et qui me rend hagard ! Tout souffre à fréquenter ma tristesse haletante. Ah ! quitte-moi bien vite, et va-t-en sans retard ! Tu ne sais pas assez quelle adverse fortune Me conduit k travers des régions de mort. Quelle fatalité m'inspire et m'importune Et pourquoi je m'en vais sous les étoiles d'or ! Nul ne pénètre en vain dans mon cercle de vie, Et tout ce que j'attire, aussitôt desséché.

Tarit : Délaisse-moi, pars malgré ton envie !

Sinon je te prendrais dans ma stérilité.

Je te consumerais de mon ardeur amère,

Et je t'attacherais toute entière à mon flanc !

ÉLÉGIES ET CHANTS DE il É S U U RE C T 1 ON :2o7

Je suis né du malheur, la souffrance est ma mère

Elle m'a donné l'être et je suis son enfan ' !

Ah ! rejette-moi donc dans ma triste folie î Pourquoi me retiens-tu ? Je te suis étranger ! Oui, fuis-le, ce héros dont la tète pâlie Subit l'affreux laurier de la mélancolie, Et de qui nul jamais n'aurait dû s'approcher !

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