L'ATTENTE
La lune a répandu ses feux sur le bassin, ^'herbe est noire et dans la futaie étincelante Les oiseaux, par instants, de rayons blancs sont teints, ^loi, j'erre et je t'attends dans la nuit qui me hante.
5i tu viens, Apollon te prendra par la main, [)e. gais torrents feront briller l'herbe éclatante, Dans l'ombre on entendra la voix du luth humain 5ue m'ont donné les dieux et qui toujours t'enchante.
A.h ! que longue est la nuit quand tarde une maîtresse ! Me laisseras-tu seul, toujours sous ces rameaux, roi que mon âme appelle et réclame sans cesse !
Le vent terrible a sur mon front jeté l'orage,
Et je rêve, et là-haut brillent ces bleus flambeaux
Dont la lueur verse la vie au lourd feuillage.