‹ Les chants de la vie ardenteChapitre 46 sur 140 · L'ENIGME · texte numérisé non relu

L'ENIGME

La terre a tressailli du baiser de Vénus

Qui, sous tes traits, descend dans la forêt nocturne.

Les feux de l'ouragan tout à coup répandus

Ont apporté la foudre à mon luth taciturne.

Entrons dans l'âpre horreur des grands bois inconnus Là, ne brilleront point les flambeaux de Saturne. Les prés sont noirs, les cieux luisants, les bois touffus Sur nos fronts, vaguement, la nuit penche son urne.

Hagard, je te contemple avec un œil ébloui. Quiconque a cru pouvoir te scruter garde en lui Le pâle effarement des vagues visions.

Tourne vers moi ton noir regard plein de lueurs, La terre et la mort même ont moins de profondeurs Que ton cœur dont mon cœur n'a jamais vu le fond.

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