LASSITUDE
L'amour que j "alimente est semblable au sommeil. J'ai quitté la carrière où s'engageaient les luttes, Je ne sais plus chanter que le printemps vermeil, Et je ne combats plus puisque vous le voulûtes.
Autrefois, pour vous plaire, au bruit divin desflùles On m'eut vu, terrassant des colosses, pareil A quelqu'énorme Hercule, exempt toujours des chutes Et dont la massue âpre eût broyé le soleil !
Maintenant que l'amour m'a courbé tout entier, Je frissonne, je tremble, et les bois sont en tleurs : Vénus a triomphé de ce héros altier.
Ah ! que le cri des lyres d'or a de tristesse !
— L'odeur du myrte assoupira bientôt mon cœur.
Ah ! que l'amour a d'amertume, ô ma déesse !