‹ Les chants de la vie ardenteChapitre 48 sur 140 · LE DEPART · texte numérisé non relu

LE DEPART

O terre, ô doux pays, il est temps de partir ! La nue horrible a recueilli ses eaux tonnantes, L'horizon s'est noirci et quoique tu me tentes, Je cède à mon destin et je fuis mon désir !

Je te quitte, ô maison couverte de tes mantes. Et toi,, contrée humide et toi, lac de soupirs, J'obéis à l'étoile allumée et fumante.

Je méprise l'éclair tout prêt à retentir !

Je ne saurais plus vivre en ce pâle pays. Le saule triste y croît près du roc assoupi. J'ai vu venir l'orage enveloppé de voiles,

Or, non pas dans le ciel mais dans tes yeux humainî

O déesse, je sais regarder mon étoile.

C'est elle qui me guide à travers les chemins !

RITE XOGTURxNE

Puisqu'une antique étoile a paru sur la terre, Versant la vie au flanc des rochers foudroyés. Puisque au bois noir, déjà, fume un feu solitaire, Dont le rayonnement polit l'épais laurier,

Je veux m'étendre à tes côtés, ô femme altière ! Quand l'amour aura confondu nos corps sacrés, Tels deux lutteurs tombant dans l'aride poussière, Nous heurterons le sol de nos membres broyés !

Alors, agonisante et déjà morte au monde, Tu tourneras vers l'astre un regard amourei Ton œil sauvage étonnera la nuit profonde !

La lune qui là haut s'allume au fond des cieux, Tu verras quel beau rythme elle imprime à mon sang, Car l'amour dépend d'elle, il est obéissant !

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