LAMENTATION
J'abandonne ces bords où les pins écume iix Tourbillonnent, noircis du fracas de la foudre. Ces volcans oii tomba l'obscur courroux des dieux Ne me reverront plus, étendu dans leur poudre !
Près de la mer luisante il est pourtant des lieux Où l'amour me retint, mais il faut m'y résoudre, Je dois quitter Vénus, je veux briser ses nœuds. Ces nœuds tels qu'aucun sort n'aurait pu les dissoudre,
0 maîtresse, il est vrai, vous avez fui soudain !
Je vous cherche et je pleure en 'foulant l'herbe austère.
Entendez-vous l'amour gémir sur le chemin !
Je ne puis plus rester dans ces lieux que j'aimais.
La plage où nous aUions m'apparaît solitaire.
Et ma couche, en cette ombre, est déserte à jamais!