REVERIE
Dans les sapins la sève obscure est amassée, Et le torrent de vie est comme en an bassin. Le limon roule en vain son écume oppressée En ces canaux oii s'agglomère ce flot saint.
Dans les sapins pleins de la vague dispersée S'enfle et brille un esprit captif et sans dessin, Et les linéaments de formes effacées Transparaissent sous Tàpre écorce qui les ceint.
Détachés de leur bloc humide et verdissant, Nous avons survécu, nous, les frères antiques, Et la sève est toujours mêlée à notre sang.
Et quand nous contemplons ces troncs déclats couvert; Enormes, lourds d'amour et d'un désir panique, Nous sentons vivre en nous Tàme des arbres verts !