‹ Les chants de la vie ardenteChapitre 87 sur 140 · EXALTATION · texte numérisé non relu

EXALTATION

Quand luit la lune amère, écumeuse et glacée, L'éther tonne, je tremble, et brusquement je sens L'épouvantable horreur dont l'ombre est épuisée. Et l'amour tout à coup gronde et monte en mon sang.

Alors, sous l'astre où souffle une brise insensée, Je pars, l'oeil plein de mort/ immobile et vivant, Je voudrais vous saisir, ô mes saintes pensées. Étoiles de l'espace, orages, flammes, vents !

Je brûle d'une ardeur qu'excite l'air farouche,

Et c'est pour vous, rochers, pierres, ondes, forêts.

Que palpite ma bouche éprise de vos bouches.

Sur ma poitrine, où bat mon âme inassouvie,

Je cherche à vous étreindre, ô vous que j'ignorais,

Divinités de l'ombre et formes de la vie !

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