PASSION
Je ne puis plus me taire : entends-moi donc, déesse î De pierres, de parfums et de fleurs tout nourri, J'ai souvent palpité d'une invisible ivresse : 0 déesse as-tu su de qui je suis épris î
Réponds-moi, désormais puis que je le confesse Ce désir éperdu qui trop longtemps m'a pris. Je languis, je soupire, et je meurs de détresse, Et le monde avec moi tremble aussi de mon cri.
L'astre entier ressuscite et s'épure en mon corps, Sous mes traits Pan se montre avec sa face belle, Il a fendu mon front de ses deux cornes d'or !
Et moi, pâle, effaré, plein d un antique amour,
J'ai beau hors de mon cœur, te proscrire, ô Cybèle,
Cest'pour toi que je brûle et gémis tour à tour î