ORE FELICI
Premiers ravissements de deux âmes éprises.
Félicités du ciel par la terre conquises.
Courts instants où l'on plane, orgueilleux et charmés,
Au-dessus des plus grands et des plus renommés ;
Fierté que l'amour donne et dont l'amour s'enivre,
Qui ne vous a connus ne s'est pas senti vivre !
Qui ne vous a goûtés n'a jamais défini
Les aspirations du cœur vers l'infini !
Car l'amour ici-bas c'est le rayon de l'âme
Qui du foyer divin nous présage la flamme j
C'est le r^ard profond qui déchire, ébloui,
Le voile du néant où sa lumière a lui ;
Oui, l'amour, c'est la foi triomphante du doute.
C'est le bras qui soutient, c'est la voix qu'on écoute.
C'est l'immense désir que rien ne peut combler.
Et qui, venu de Dieu, sait nous le révéler.
Au milieu des débris de toutes les croyances.
Quand l'esprit d'examen trouble les consciences,
Quand l'idéal a fui, quand la foi manque à tout.
Fleur au divin parfum, l'amour seul est debout !
Aimer ! oh ! c'est tenir son âme haut placée !
Aimer ! c'est féconder la vie et la pensée !
Par un sincère amour deux nobles cœurs atteints
S'éveillent aussitôt à tous les grands instincts.
L'homme dit à la femme en ces instants d'ivresse : •i Je veux, pour mériter ta divine tendresse.
Être un être divin !
En force, en dévouement, en génie, en courage. Les meilleurs, les plus grands, les plus dignes d'hommage.
Me défieront en vain ! »
El la femme répond, à la fois humble et fière : a Je serai le reflet de ta noble carrière ;
Défends l'humanité.
Sois l'ardent champicm de ses causes sacrées^ Et moi, pour consoler les douleurs ignoréeis,
J'aurai la charité !» j,
Doux et compatissants, ils marcl^ent.daqs Iç QM^^diE^; Leur cœur voudrait donner du bonheur qui rinon46
A tous les malhetureux ; La puissance des rois dans leur ri^ie sphèi^ > Parfois les a tentés ; mais c'est pour ^atisfaif:^ i . ^
Leurs élans généreux. .
La nature est pour eux une source éternelle D'enthousiasme pur ; ils sont fêlés par elle :
Le couchant d'un beau jour, Les forêts, les grands monts, l'Océan sans rivages, Les aspects de la terre ou riants ou sauvages
Parlent à leur amour.
L'amour double l'essor de leur intelligence; De toute poésie et de toute éloquence
lis ont l'instinct profond.
Avec tout idéal ils sont en harmonie, Et toujours de leur &me aux fibres du génie
Une fibre répond.
Aibàôns donc, aimons donc, Tamour ennoblit l'être ! Aimer, c'est ici-bas tout sentir, tout connaître,
C'est aspirer plus haut.
Combien pcai, rencontrant ce bonheur sur la terre, Ont compris ton vrai sens, ineffable mystère.
Enigme ou divin mot !
Janvier IS/Jià.