TOI, SOIS BÉNIE A JAMAIS
Tes enfants de ton cœur pleins ;
Quand je leur dis l'hiver sombre,
La faim, cl les maux sans nombre
Des petits abandonnés,
Et qu'à peine sont-ils nés
Qu'ils s'en vonl pieds nus dans l'ombre;
Tandis que, silencieux.
Le groupe écoute et soupire, Sais-tu ce que semblent dire Leurs yeux pareils à tes yeux?
— Vous qui n'avez rien sur terre, • Venez chez nous ! pour vous plaire Nous nous empresserons tous ;
Et vous aurez comme nous Votre part de notre mère ! —
Sais-tu ce que dit mou cœur?
— Elle est indulgente et douce.
Et sa lèvre ne repousse Aucune amère liqueur.
Mère pareille à sa fille.
Elle luit dans ma famille
Sur mon front que l'ombre atteint.
Le front se ride et s'éteint,
La couronne toujours brille ! —
Au-dessus des passions.
Au-dessus de la colère,
Ton noble esprit ne sait faire Que de nobles actions.
Quand jusqu'à nous tu te penches, C'est ainsi que tu t'épanches Sur nos cœurs que tu soumets.
D'un cygne il ne peut jamais Tomber que des plumes blanches !
18 octobre 1835.