QUE NOUS AVONS LE DOUTE EN NOUS
De nosjours,— plaignez-nous, vous, douoect noble femme! L'intérieur de l'homme offre un sombre tableau. Un serpent est visible en la source de l'eau, Et l'incrédulité rampe au fond de notre âme.
Vous qui n'avez jamais de sourire moqueur Pour les accablements dont une âme est troublée. Vous qui vivez sereine, attentive et voilée, Homme par la pensée et femme par le cœur,
Si vous me demandez, vous muse, à moi poëte, D'où vient qu'un rêve obscur semble agiter mes jours, Que mon front est couvert d'ombres, et que toujours, Comme un rameau dans l'air, ma vie est inquiète ;
Pourquoi je cberche un sens au murmure des vents; Pourquoi souvent, moi'ose et pensif dès la veille, Quand l'horizon blanchit à peine, je m'éveille Même avant les oiseaux, même avant les enfants ;
Et pourquoi, quand la brume a déchiré ses voiles, Comme dans un palais dont je ferais le tour Je vais dans le vallon, contemplant tour à tour Et le tapis de fleurs et le plafond d'étoiles?
Je vous dirai qu'en moi je porte un ennemi. Le doute, qui m'emmène errer dans le bois sombre. Spectre myope et sourd, qui, fait de jour et d'ombre, Montre et cache à la fois toute chose à demi.
Je vous dirai qu'en moi j'interroge à toute heure Un instinct qui bégaye, en mes sens prisonnier. Près du besoin de croire un désir de nier, Et l'esprit qui ricane auprès du cœur ipii pleure.