‹ Les chants du crépuscule (volume 2)Chapitre 23 sur 90 · QUE NOUS AVONS LE DOUTE EN NOUS · texte numérisé non relu

QUE NOUS AVONS LE DOUTE EN NOUS

Aussi vous me voyez souvent parlant tout bas, Et, ounnne un mendiani à la bouche alTamée Qui rêve assis devant une porte fermée, On (lirait (|ue j'attends (juelqu'nn qui n'ouvre pas.

\jV doute! mot luuèbre et (|u'eu lettres de llammes Je vois écrit partout, dans l'aube, dans l'éclair, Dans lazur de ce ciel, mystérieux et clair, Transparent pour les yeux, impénétrable aux âmes !

C'est notre mal à nous, entants des passions Dont l'esprit n'alleint pas votre calme sublime; A nous dont le berceau, risqué sur un al)înu'. Vogua sur le Ilot noir des révolutions.

Les superstitions, ces hideuses vipères. Fourmillent sous nos fronts où tout germe est flétri. Nous portons dans nos cœurs le cadavre pourri De la religion (jui vivait dans nos pères.

Voilà pourquoi je vais, triste et réfléchissant ; Pourciuoi souvent, la nuit, je regarde et j'écoute, Solitaire, et marchant au hasard sur la route A l'heure où le passant semble étrange au passant.

Heureux qui peut aimer, et qui dans la nuit noire, Tout eu cherchant la foi, peut rencontrer l'amour! Il a du moins la lampe eu attendant le jour. Heureux ce cœur! Aimer, c'est la moitié de croire.

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DATE LILTA

Oh ! si vous rencontrez quelque part sous les cieux Une femme au front pur, au pas grave, aux doux yeux. Que suivent quatre enfants dont le dernier chancelle, Les surveillant hien tous, et, s'il passe auprès d'elle Quelque aveugle indigent que l'âge appesantit. Mettant une humhle aumône aux mains du plus petit ; Si, quand la diatribe autour d'un nom s'élance, Vous voyez une femme écouter en silence. Et douter, [)uis vous dire : — Attendons pour juger.

l'OÉSIE. — III. 20

LES CHANTS Dl CRËPUSCILE

Quel est celui de uous qu'on ne pourrait charger?

On est prompt à ternir les choses les plus belles.

La louange est sans pieds et le blâme a des ailes. —

Si, lorsqu'un souvenir, ou peut-être un remords,

Ou le hasard vous mène à la cité des morts.

Vous voyez, au détour d'une secrète allée.

Prier siii' un tombeau dont \à route est foulée.

Seul avec des enfants, un être gracieux

Qui pleure en souriant comme l'on pleure au\ cieux ;

Si de ce sein brisé la douleur et l'extase

S'épanchent comme l'eau des fêlures d'un vase ;

Si rien d'humain ne reste à cet ange éploré ;

Si, terni par le deuil, son œil chaste et sacré,

Bien plus levé là-haut que baissé vers la tombe,

Avec tant de regret sur la terre retombe

Qu'on dirait que son cœur n'a pas encor choisi

Entre sa mère au ciel et ses enfants ici ;

Quand, vers Pâque ou Noël, l'église, aux nuits tombantes,

S'emplit de })as confus et de cires ilambantes,

Quand la fumée en flots déborde aux encensoirs

Comme la blanche écume aux lèvres des pressoii-s,

Quand au milieu des chants d'hommes, d'enfants, de femmes.

Une âme selon Dieu sort de toutes ces âmes.

Si, loin des feux, des voix, des bruits et des splendeurs.

Dans un repli perdu parmi les profondeurs.

Sur quatre jeunes fronts groupés près du mur sombre.

Vous voyez se pencher un regard voilé d'ombre

Où se mêle, plus doux encor que solennel.

Le rayon virginal au rayon maternel ;

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