‹ Les chants du crépuscule (volume 2)Chapitre 4 sur 90 · A M LE D. D'O · texte numérisé non relu

A M LE D. D'O

Prince, vous avez fait une sainte action.

Loin (le la haute sphère où rit l'anihilion,

Un père et ses enfants, cheveux blancs, tètes blondes,

Marchaient enveloppés de ténèbres profondes.

Prêts à se perdre au fond d'un gouflfre de douleurs,

Le père dans le crime et les filles ailleurs.

Gomme des voyageurs, lorsque la nuit les gagne,

Vont s'appelant l'un l'autre aux flancs de la montagne.

Au penchant de l'abîme et rampant à genoux,

Ils ont crié vers moi ; moi. j'ai crié vers vous.

Je vous ai dit : — Voici, t.. ut piès du précipice,

Des malheureux perdus dont le pied tremble et glisse !

Oh ! venez à leur aide et tendez-leur la main ! —

Vous vous êtes penché sur le bord du chemin,

Sans demander leurs noms, vos mains se sont tendues,

Et vous avez sauvé ces âmes éperdues.

Puis à moi, qui, de joie et de pitié saisi,

Vous contemplais rêveur, vous avez dit : Merci !

C'est bien ! c'est noble et grand. — Sous la tente empressée

Que vos mains sur leurs fronts à la hâte ont dressée,

lis sont là maintenant, recueillant leur espoir,

Leur force et leur courage, et tâchant d'entrevoir,

Grâce à votre rayon qui perce leur nuage,

Quelque horizon moins sombre à leur triste voyage.

Groupe encor frissonnant à sa perte échappé !

Pareil au pauvre oiseau par l'orage trempé,

Qui, s'abritant d'un chêne aux branches éternelles.

Attend pour repartir qu'il ait séché ses ailes !

Jeune homme au cœur royal, soyez toujours ainsi.

La porte qui fait dire au pauvre : C'est ici !

La main toujours tendue au bord de cet abîme

Où tombe le malheur, d'où remonte le crime!

La clef sainte, qu'on trouve au besoin sans flambeau,

Qui rouvre l'espérance et ferme le tombeau !

Soyez l'abri, le toit, le port, l'appui, l'asile! Faites au prisonnier qu'on frappe et qu'on exile, A cette jeune fille, hélas, vaincue enfin,

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