‹ Les chants du crépuscule (volume 2)Chapitre 62 sur 90 · PUITS DE L'INDE, TOMBEAUX · texte numérisé non relu

PUITS DE L'INDE, TOMBEAUX

Partout, sur les parois du morne monument, Quelque chose d'affreux rampe confusément; Et celui qui parcourt ce dédale difforme, Comme s'il était pris par un polype énorme. Sur son front effaré, sous son pied hasardeux, Sent vivre et remuer l'édifice hideux !

Aux heures où l'esprit, dont l'œil partout se pose, Cherche à voir dans la nuit le fond de toute chose. Dans ces lieux effrayants mon regard se perdit. Bien souvent je les ai contemplés, et j'ai dit :

— 0 rêves de granit ! grottes visionnaires ! Cryptes! palais! tombeaux, pleins de vagues tonnerres! Vous êtes moins brumeux, moins noirs, moins ignorés, Vous êtes moins profonds et moins désespérés Que le destin, cet antre habité par nos craintes, Où l'âme entend, perdue en d'affreux labyrinthes, Au fond, à travers l'ombre, avec mille bruits sourds. Dans un gouffre inconnu tomber le flot des jours !

n avril 1839.

POf.SIR. — III.

^.-Xv

'4ii£:'

Page 1