LA CHANSON DU PRINTEMPS
La nuit est profonde et silencieuse, Le son du dan, le son du tambour Arrivent à mon oreille, Mon cœur est très mélancolique; J'entends la voix des chanteuses, Le son clair et cadencé des cloches Et ma tristesse est extrême.
Le jour paraît, le soleil monte à Thorizon, Ses rayons éclairent et réchauffent la terre ; Les nuages de cinq couleurs courent sur
[nos têtes; Le souvenir reparait, le cœur renaît, L'amour le pénètre avec le soleil, Et il vous vient en foule, à Tesprit, De doux propos qu'on voudrait dire à
[d'autres.
Le son du dan, le son du tambour,
La voix des chanteuses et le bruit des clo-
[ches
DES ANNAMITES 5l
N'attristent plus le cœur Quand les yeux voient, par-dessus les arbres, Courir dans la lumière du ciel De beaux nuages à forme et reflets de dra- [gons.
Prenons notre guitare et chantons, Profitons des jours et des nuits de printemps, Hâtons-nous de jouir de la belle saison Avant que l'Automne ne fasse tomber
Les feuilles de Ngo Dông.
La jeunesse passe très vite.