AUX EPOUSES FIDELES
^û^s le dernier des Le, un guerrier re-
[nommé ^'^ttué en combattant pour défendre son roi.
oa veuve ne voulut jamais quitter le deuil ; ^^ndant treize années elle pleura nuit et
[jour, .
^t refusa d'écouter la voix des prétendants.
Quand la vieillesse eut blanchi ses cheveux, Elle se retira dans un temple ou elle mourut. Son mari avait été le modèle des sujets, EHe voulut être le modèle des épouses.
Au bord du fleuve de At Se trouve une petite pagode très fréquentée.
Elle est élevée en mémoire de la femme de [Tru'o'ng;
Voici près de cent ans que cette femme est
[morte, Et son souvenir est toujours vif dans les
[cœurs.
Quand son mari partit pour la guerre, Elle resta seule pour soutenir ses beaux
[parents.
Son mari fut tué dans un combat sanglant, Elle continua son pieux devoir de belle fille Et d'épouse fidèle, et instruisit elle-même
[ses enfants.
La petite pagode du fleuve de At
S'élève comme une exhortation constante
A la pratique des vertus domestiques.
Sur le bord du Thuy Ngâi Se dresse une petite pagode blanche; C'est un temple élevé à l'amour conjugal.
On y honore le souvenir d'une femme hé-
[roïque.
Au temps déjà lointain des grandes guerres.
Elle suivit son époux dans les combats Et tomba près de lui sur le champ de
[bataille.
U pagode se reflète dans Teau limpide,
L encens qu'on y brûle parfume tout à
[rentour, Les bons esprits aiment à s'y réunir.
Celle femme si aimante et si dévouée, Qui se fit tuer auprès de son époux, Esi un exemple donné à tous par le ciel.
Mandarins avides, infidèles au Roi, Vous ne valez pas cette femme.