‹ Les chants et les traditions populaires des AnnamitesChapitre 43 sur 71 · PLAINTES D'UNE JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

PLAINTES D'UNE JEUNE FILLE

La jeunesse est fugitive,

La vieillesse vient bien vite!

Mon sort n'est pas encore fixé, Je suis belle et ne suis regardée par personne ; Mon espoir est comme la lentille d'eau Qui monte et qui descend au gré de la marée.

J'implore le Ciel d'avoir pitié de moi Et de m'envoyer un époux accompli.

Lorsque troublée, rouge de confusion, Je me tenais sous l'oranger du jardin M'ïnformant de Nguyên Lâo, J'espérais que ma bonne mine serait remar-

[quée Et qu'il me demanderait en mariage.

Pendant la nuit dernière, l'orage grondait.

Les éclairs sillonnaient la mer, La pluie inondait la montagne;

J'ai cru voir une ombre triste au milieu des

[ténèbres, N'est-ce pas lui qui vient, lui, Tépoux que

[j'appelle?

Après Forage, la lune apparaissant, Mélangeait sa lumière à celle de ma lampe, La même vision semblait flotter sur la mer; Son visage avait l'éclat de la pierre précieuse.

L'hiver approche, il dépouille les arbres, Les feuilles se dessèchent et tombent sur la

[terre, Elles volent çà et là comme des oiseaux

[blessés.

L'eau du lac de l'Est est limpide et calme, Limpide et profonde, elle brille comme un

[miroir, Mais son éclat n'approche pas encore De celui de mes cheveux noirs et luisants, Bien peignés et lissés sur mon front.

Page 1